Le Cercle des chemins de fer

Prosopographie

Mémoire explicatif

1 - Avertissement

C'est un sujet de recherche vaste et relativement imprécis quant à ses limites. Aussi nous insistons sur le probabilisme dont sont marqués les résultats de cette recherche car, pour divers motifs, que nous exposons plus loin, nous n'avons aucune certitude sur la qualité de certains d'entre eux et même sur leur exactitude.

2 - Origine de l'étude

C'est l'ouvrage de Charles Yriarté Les cercles de Paris (1828-1864) ( 1) qui est à l'origine de cette étude, le Cercle des chemins de fer étant l'un d'entre eux. En 1850 les compagnies de chemin de fer tentèrent vainement de créer un syndicat pour défendre leurs intérêts. Devant cet échec elles organisèrent à deux reprises une Conférence des chemins de fer groupant les administrateurs des différentes compagnies. C'est de la seconde Conférence que sortit le Cercle des chemins de fer, plus convivial et moins politique. Selon son règlement officiel << le cercle a pour but de réunir tous les hommes qui ont contribué à fonder et à développer l'industrie des chemins de fer et ceux que cette industrie intéresse.>> (2) Sa première installation eut lieu en mai 1854, dans le local occupé par l'administration du Grand-Central 16, place Vendôme. Mais bientôt à l'étroit, moins d'une année après, le 1er janvier 1855, il s'installait dans un local plus vaste, à l'angle de la rue de la Michodière et du boulevard des Italiens. Prévu pour être l'instrument de la Conférence ce foyer de rencontre devint rapidement un cercle mondain où l'on trouvait, outre une bibliothèque aux ouvrages spécialisés, des salons de jeux où l'on pratiquait le piquet et le whist , des salles à manger et des petits salons décorés. Yriarté résume comme suit la vie du Cercle : (3)

<< La vie ne se divise pas de la même façon au cercle des Chemins de fer que dans les autres clubs. Le matin, quelques personnes viennent y lire les journaux, et la table du déjeuner est assez suivie. Le local étant extrêmement central, les agents de change s'y trouvent à portée des affaires, et ce sont eux surtout, ainsi que ceux qui sont le plus intéressés aux fluctuations des valeurs, qui sont le plus assidus le matin. Vers midi, la table se vide, et on voit arriver les membres qui ont intérêt à connaître les cours, sans vouloir pourtant se mêler à la foule qui inonde les portiques du temple païen.

Un service, spécialement organisé, donne d'heure en heure le cours de toutes les valeurs. A la clôture du marché, la foule abonde jusqu'à l'heure du dîner, les uns commentant les événements, les autres lisant les journaux du soir, quelques uns enfin organisant un whist ou un piquet. La grosse partie, dont nous avons parlé à propos de l'Union et du Jockey, est chose inconnue aux Chemins de fer.

A six heures et demie les membres qui dînent en famille quittent le cercle, ceux qui se sont fait inscrire à la table y prennent place. Cette table est de douze couverts; ce nombre est toujours garanti par le club au cuisinier, qui la sert a forfait; elle est assez suivie pendant l'été; les célibataires et les campagnards s'y retrouvent, la maison de ces derniers étant désorganisée à cause de la villégiature.

En hiver, suivant qu'il y a telle on telle réunion dans un ministère ou chez un haut fonctionnaire, le flux et le reflux se font sentir.' Dans la même saison', après le dîner le vide se fait dans les salons et on se rend dans les théâtres ou dans le monde; ce n'est seulement que vers onze heures et demie que le cercle renaît. On y cause, on y joue, on s'y communique les nouvelles jusqu'à une heure; quelques noctambules y restent plus tard; mais comme la moyenne des membres se compose d'hommes âgés, il est rare qu'après deux heures il y ait d'autres hôtes que quelques joueurs, entêtés, attardés autour d'une table de piquet.>>

Cette description donne, semble-t-il, une image assez précise du fonctionnement du cercle en question et de la composition de sa clientèle, à cette époque. Nous exposons plus loin ce qu'il en a été sous la Troisième république. Nous remarquons déjà que d'autres auteurs offrent un aspect plus général des cercles de l'époque en ce qui concerne leurs membres.

Ainsi Le Publiciste Jules Noriac (4) dont on peut penser qu'il évoque surtout les cercles mondains <<La seule différence qui existe entre un ou plusieurs cercles ne peut venir que de la position ou de la distinction des membres. Or comme on ne va au cercle que pour s'affranchir de la gêne imposée par les devoirs sociaux, il résulte, qu'excepté dans les cinq ou six grands cercles de Paris, la différence est peu sensible>>

Par ailleurs, dans un article récent " Les cercles parisiens au début de la Troisième République : de l'apogée au déclin ", Benoît Lecoq, ( 5) archiviste paléographe, expose qu'à partir de 1848 les cercles parisiens ne sont plus, comme sous la Monarchie de Juillet, le domaine réservé de la haute aristocratie et de la haute bourgeoisie et qu'ils atteignent des couches sociales plus larges dans des quartiers jusque-là réfractaires à l'institution. Leur nombre qui était d'une vingtaine en 1860 est monté à 37 en 1870 pour culminer à 73 (dont quelques-uns sont politiques) en 1885; mais, par la suite il redescend, par paliers successifs, à 60 en 1890 et à 37 en 1900 pour se stabiliser autour de 20 en 1910. D'après lui, un lien organique unit la fonction dominante des cercles, leur implantation topographique et leur recrutement sociologique. La caractéristique commune de tous les cercles mondains (qui forment un petit clan assez fermé), dit-il, est le niveau élevé des droits d'entrée et cotisations et il résume ainsi : << l'aristocratie historique la plus élevée fréquente le Cercle de l'Union et le Cercle agricole ; la noblesse de l'Empire est au Jockey ou au Cercle impérial ; les grands industriels vont au Cercle des chemins de fer ; le Sporting Club accueille les dandys tandis que les officiers en retraite vont jouer leur partie de whist au Cercle des Ganaches.>> Ce classement, fait pour illustrer les caractéristiques des adhérents des différents cercles, est évidemment théorique et l'on ne peut pas réduire la population du Cercle des chemins de fer aux seuls grands industriels. On en a l'illustration d'ailleurs dans un roman d'Edmond About ( 6) "Le nez d'un notaire" où le notaire en question, Alfred l'Ambert, après s'être fait agresser, tard dans la soirée, par le secrétaire de l'ambassade ottomane alors qu'il fumait un cigare au bout de la Galerie du Baromètre (7) << renvoie son cocher et se dirige, à petit pas, vers le Cercle des chemins de fer.>> La suite de notre étude montre que la population du Cercle était loin de comporter seulement des industriels. Elle était très variée. En conclusion, répétons-le, on peut penser que la description faite par Yriarté donne une image assez précise du fonctionnement du Cercle des chemins de fer et de la qualité de ses adhérents en 1864, date de la publication de son ouvrage, soit neuf années après la création du Cercle, l'existence de tables de jeu nous étant confirmée par la découverte d'un jeton de 100 francs en vente chez un antiquaire.

On voit que, dans la période qui nous intéresse, les adhérents du Cercle forment une population hétérogène puisque constituée à la fois de gens d'affaire et de gens du monde. Le règlement du Cercle en limite alors le nombre à 600. L'ouvrage de Yriarté nous fournit la liste des membres au nombre de 594 non compris les membres honoraires au nombre de 20; nous avons considéré que c'était l'effectif du Cercle en 1864, (8) année de la parution de ce livre qui, ajoutons-le, nous précise que le comité du Cercle est constitué comme suit cette année-là :

Président : Duc de Morny

Vice-président : Dumon ancien ministre des T.P. (académie des sciences morales et politiques)

Membres : Blount, A.Dailly, H.Davillier, Vicomte N.Duchatel, G.Dufeu, Girod de l'Ain, Ch.Laffitte, E.Péreire, Vicomte de Rainneville, Rey de Foresta Teisserenc, Duc de Valmy

Remarquons enfin que ce Cercle a subsisté sous la Troisième République mais avec sans doute un succès plus limité. Alors que sous la Second Empire le nombre maximum des membres était de 600, le règlement de 1880 le porte à 700, celui des membres temporaires et honoraires étant illimité. Cette mesure libérale ne semble pas avoir porté ses fruits puisque, cette année-là, il n'y avait que 428 membres inscrits et 99 membres honoraires. Pour la présidence qui avait été assurée de manière constante par le duc de Morny sous le Second Empire, nous avons Henry Davilliers jusqu'en 1885 et Georges Osmont de 1885 à 1889. Le nombre des adhérents ne va pas cesser de baisser : 377 en 1889, 203 en 1904-1905 (vice-président Albert Schayé), 185 en 1908-1909 (président Henry Deutsch de la Meurthe) alors que son siège est toujours 22 rue de la Michodière (Voir les annexes n°12, n°13 et n°14). Et, en 1924, (dernière année où nous avons connaissance de son existence par un annuaire déposé à la Bibliothèque de France ) il est établi 128 rue du Faubourg-Saint-Honoré (déclaré comme association loi de 1901 le 7 mai 1920) et compte alors 225 membres. (9) Cette évolution est conforme à ce que mentionne Benoît Lecoq sur le déclin des Cercles parisiens dont le nombre n'a cessé de décroître à compter de 1885. En conclusion on peut dire qu'au cours de cette période qui, en revanche, a vu se multiplier le nombre des sociétés de loisir ( sociétés musicales, de gymnastique, de sport et de tir) le Cercle des chemins de fer a bien résisté au temps.

3 - Particularité de l'étude

Étymologiquement, prosopographie signifie description d'une personne. Dans l'antiquité, la prosopographie a été souvent pour les historiens une science auxiliaire pour étudier les biographies des membres d'une catégorie spécifique de la société, le plus souvent des élites, sociales ou politiques. Le terme prosopographie désigne également l'ouvrage dans lequel les personnages sont classés par ordre alphabétique avec une description des traits que l'on a choisi pour leur étude. Actuellement ce terme désigne une étude de biographie en masse. En général les études de prosopographie s'effectuent sur des groupes relativement homogènes comme une profession à une période déterminée et dans une aire géographique limitée ou encore les titulaires d'une charge juridique ou politique dans des conditions similaires : par exemple les députés du Second Empire (10) , les banquiers et financiers parisiens (11) , les inspecteurs des finances au 19ème siècle (12) . Dans les trois cas cités, ils ont tous la même profession ou du moins le même état. Ici, avant même d'avoir fait la moindre investigation sur les membres du Cercle nous savons que, non seulement ils ont des professions variées, mais encore que leur appartenance audit cercle est guidée par des motifs fort différents : soit les affaires, soit les distractions ou encore les relations mondaines. Il en résulte que nous ne pouvons pas étudier la population dans son ensemble mais seulement un certain nombre de groupes à l'intérieur de cette population. Par ailleurs le nombre important d'adhérents (voisin de 600) peut nous inciter à faire porter l'étude uniquement sur un échantillon. Nous avons envisagé cette éventualité. Mais quels critères peut-on adopter pour le choix de cet échantillon ? Sans élément sur ce point, il nous a paru préférable de commencer par rechercher le maximum d'entre eux. Enfin, un examen rapide de la liste des adhérents montre qu'un nombre non négligeable de ceux-ci ne sont désignés que par leur seul patronyme sans indication de prénom. De ce fait, les résultats de notre recherche, quels qu'ils soient, risquent de rester du domaine du probable car, pour certains adhérents, nous ne serons pas sûrs de leur exactitude, puisque l'absence de prénom ne nous permet pas de savoir s'il s'agit du père, du fils, d'un frère ou de tout autre membre de la famille ou même d'un homonyme. En conclusion nous avons affaire à un sujet particulièrement complexe et délicat à traiter.

4 - Modèle de fiche biographique

Nous avons adopté le modèle suivant pour la rédaction de ces fiches :

- le nom et les prénoms en mettant en italique le prénom usuel si nous le connaissons ;

- les dates et lieux de naissance et de décès ;

- la ou les professions ainsi que les éléments précisant, le cas échéant, les rapports de l'intéressé avec les chemins de fer ;

- l'essentiel de la généalogie et notamment les liaisons familiales avec d'autres membres du Cercle des chemins de fer ;

- la carrière professionnelle ;

- la carrière politique si l'intéressé a brigué des mandats ;

- les décorations ;

- les écrits et publications le cas échéant ;

- la fortune lorsqu'on la connaît ;

- les sources.

Malheureusement toutes ces rubriques ne sont pas remplies dans toutes les fiches que nous avons établies. Et certaines même présentent des lacunes. Pour certains adhérents, nous n'avons même que le nom, l'adresse en 1861 et la profession ou l'état ; sans espoir de pouvoir trouver d'autres éléments nous avons établi une fiche simplifiée que nous avons appelée " fiche fœtus " . Autrement, pour la rédaction de ces fiches, nous nous sommes efforcés d'adopter le style le plus concis possible de manière que chacune d'elle tienne, si possible, sur une seule page de format A4. (13)

5 - Méthodes de recherche et d'exploitation des résultats

Une prosopographie comprend deux phases essentielles :

- l'établissement de fiches biographiques

- l'analyse des caractéristiques du groupe ou des sous-groupes des individus dont on a établi les fiches biographiques

Pour la première phase, nous avons commencé les recherches sans avoir une méthode bien établie. Dans l'annexe n°5, intitulée Recherches effectuées pour l'établissement des fiches biographiques, nous indiquons comment nous avons procédé.

En ce qui concerne l'exploitation des résultats, c'est à dire l'analyse des groupes formés par les adhérents du Cercle, nous exposons dans l'annexe n° 6 les principes que nous avons appliqués pour effectuer ce travail et les instruments que nous avons utilisés. Et les douze groupes qui ressortissent de ce travail sont examinés ci-après. Nous rappelons toutefois que certains membres peuvent se retrouver dans plusieurs groupes si, comme nous l'avons indiqué dans l'annexe n°6, ils ont eu plusieurs professions dans leur vie. Ainsi, plusieurs ont été avocats durant quelque temps à la suite de leurs études de droit, puis ils ont choisi une autre profession dans les affaires, la politique ou l'administration. De même quelques-uns, après avoir obtenu un diplôme d'ingénieur, ont parfois joué le rôle de financier pour certaines lignes de chemin de fer ou se sont tournés vers d'autres professions. Bien évidemment c'est la profession principale qui, en général, nous a guidée pour le classement dans une catégorie.

6 - Limitation du champ de la recherche

En comparant la liste de Yarté (datée de 1864) avec l'annuaire du Cercle de 1861 nous avons constaté que certains noms de cette liste ne figuraient pas sur cet annuaire, ni sur celui de 1867 ( l'un des seuls que nous ayons trouvés pour cette période). Nous en avons conclu qu'ils étaient des adhérents éphémères et n'avaient pas à être étudiés. . Pour d'autres figurant sur les annuaires nous n'avons pas pu déterminer quelle était leur profession ou leur état ce qui ne nous permettait pas de faire la moindre recherche à leur sujet. Au total ils sont au nombre de 181et figurent sur un état que nous avons appelé " Liste des membres inconnus". Il nous reste ainsi 594-181 = 413 membres sur lesquels nous avons pu faire des recherches biographiques. Mais,ainsi que nous l'exposons plus loin, cet effectif a dû être divisé en deux parties car nous n'avons pu établir que 253 fiches complètes les autres ne comportant que le nom et le prénom, l'adresse, la profession (ou l'état) et, parfois l'indication d'une ou plusieurs pistes de recherche que nous n'avons pas eu le temps d'exploiter. Ces fiches que nous avons appelées " fiches fœtus " sont groupées dans une liste de 160 unités. L'accès aux fiches rédigées et aux fiches foetus se fait par la liste n°2 qui est celle de l'annuaire du Cercle de 1861.

Ceci étant acquis, après examen de l'ensemble des fiches nous estimons qu'il faut étudier les groupes suivants que nous avons choisis non pas de façon arbitraire mais en fonction du nombre d'adhérents que chacun d'entre eux comporte :

- les administrateurs : 104 adhérents

- les banquiers : 63

- les ingénieurs : 43

- les agents de change : 33

- les avocats : 24

- les médecins : 10

- les entrepreneurs et industriels : 16

- les négociants : 9

-les notaires : 8

- les consuls : 8

 - les hommes de lettres : 4

- les sculpteurs : 2

Nous pensons (sans en avoir réellement la preuve) que les membres des 5 premiers de ces groupes étaient inscrits au Cercle des chemins de fer par intérêt professionnel , politique ou pécuniaire, alors que ceux des autres groupes dont l'effectif est sensiblement plus faible, ( 10 ou inférieur ) y venaient vraisemblablement d'une manière plus désintéressée . Dans un premier temps nous avions envisagé d'étudier l'ensemble des adhérents se disant propriétaire (14) ou rentier mais ,après examen, nous avons abandonné cette idée. Nous avons également renoncé à établir un groupe comprenant des fonctionnaires et des militaires ( conseiller d'Etat, maître des requêtes, conseillers à la Cour des compte, généraux, officiers de marine, directeur dans un ministère, etc) nous pensons que leur appartenance au Cercle n'était pas due à leur fonction. En revanche, après le groupe des sculpteurs, nous avons examiné l'ensemble des adhérents qui ont eu un mandat politique ce qui correspond en fait à un treizième groupe. A noter, ainsi qu'on le verra ci-dessous, que le groupe des administrateurs est particulier du fait que ses éléments appartiennent à toutes les professions.

7 - Les administrateurs

Etant donné que ce sont les administrateurs des compagnies de chemin de fer qui sont à l'origine du Cercle des chemins de fer il nous semble logique de commencer par étudier le groupe qu'ils constituent. Nous avons dit plus haut que le Cercle des chemins de fer avait été créé à l'instigation des compagnies de chemin de fer pour défendre leurs intérêts. Sans doute y avait-il des problèmes de concurrences mais pour bien comprendre leurs objectifs il faudrait exposer de manière détaillée quel a été les rôles respectifs de l'Etat et des compagnies privées dans la réalisation du réseau ferré français. Ce n'est pas notre propos et cela alourdirait notre étude. D'une manière simplifiée, rappelons que, au fil des ans, l'Etat est intervenu dans cette réalisation par des textes réglementant et accordant les concessions puis assurant leur contrôle mais également par l'intermédiaire de ses fonctionnaires ( inspecteurs des finances, ingénieurs des ponts et chaussées et des mines) au sein, soit de commissions permanentes (commission des chemins de fer) soit en occupant des postes dans des institutions financières et techniques publiques (banque de France). (15) Aujourd'hui encore, certains économistes considèrent l'articulation << Etat - grands projets, grandes entreprises - grandes écoles >> comme un modèle de volontarisme de l'Etat. (16)

Remarquons tout d'abord que la fonction d'administrateur est souvent temporaire ; aussi, dans un premier temps, nous sommes-nous limités à ceux qui figurent à ce titre sur l'annuaire de 1861 (17) ( le plus proche de 1864, année de parution de l'ouvrage de Yriarté) en reconnaissant qu'en procédant ainsi nous en avons sans doute éliminé certains qui ont pu faire partie d'un conseil d'administration soit avant soit après cette date. Sur cet annuaire, nous en avons trouvé 98 mais nous avons porté ce nombre à 104 pour tenir compte des six membres qui ont été des investisseurs importants dans les lignes de chemins de fer et qui ne figurent pas dans un conseil d'administration en 1861. (18) Sur cet effectif de 104, il y en a 32 qui appartiennent à la noblesse. Cette proportion importante s'explique, soit parce qu'ils ont beaucoup investi dans la réalisation des chemins de fer (et c'est possible car il y a probablement de riches propriétaires terriens parmi eux) ce qui justifie leur place aux conseils d'administration, soit parce qu'ils représentent des familles dignes de donner confiance à de futurs investisseurs et cette confiance sera encore plus grande si le représentant de la noblesse a occupé des postes de haut fonctionnaire ( conseil d'Etat, cour des comptes, préfet, inspecteur des finances, etc …) . La lecture des conseils d'administration des différents réseaux confirme cet usage qui était encore en vigueur au XXème siècle. Celui du Paris-Orléans (19), où tous les titres (nobiliaires, administratifs ou autres) sont explicités, est caractéristique à ce sujet puisque y figurent notamment : de Gasc, G . O. Légion d'honneur, président honoraire à la cour des comptes ; A. de Waru, Légion d'honneur, régent de la Banque de France ; vicomte Denis Benoist d'Azy, Légion d'honneur, ancien Représentant ; Bourlon, Légion d'honneur, membre du Corps législatif, ancien administrateur des Messageries générales ; Lavallée, Légion d'honneur, directeur de l'Ecole centrale des arts et manufactures ; etc.. Les conseils d'administration des différentes lignes en service en 1861 figurent à l'annexe n°15.

Sur les 104 administrateurs recensés, ( voir annexe n°4), 80 seulement ont fait l'objet d'une fiche pour l'instant (nous avons de la peine à trouver trace des 24 restants) car, pour certains d'entre eux, nous ignorons quelle a pu être leur profession.

La pyramide des âges de ces 80 administrateurs est la suivante :

Nés entre 1790 et 1800

17%

Nés entre 1800 et 1810

44%

Nés entre 1810 et 1820

19%

Nés entre 1820 et 1830

15%

Nés entre 1830 et 1835

5%

Et les tableaux ci-après fournissent le détail des éléments qui nous ont servis à établir ces pourcentages.

Administrateurs nés avant 1800 (14)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BARBET

Henry

industriel

Nord

1789

BARTHOLONY

François

banquier

Orléans PLM

1796

Benoist d'Azy

Denis

Inspecteur gen Finances+

PO PLM

1796

BOURGOING

Amable baron de

diplomate

Orléans

1791

CIBIEL

Vincent

banquier

Midi

1797

DALON

marquis

préfet +

Nord

1795

DUMON

Sylvain

avocat, magistrat

PLM

1797

ENFANTIN

Prosper

Ingénieur

PLM

1796

FOUGERES

G bon Lambot de

Cons réfer Cour comptes+

PO

1796

GASCQ de

Pierre Blaise

magistrat

Orléans

1786

GOUIN

Alexandre

banquier

Paris-Lyon

1792

LAVALLEE

Alphonse

dir Ec centrale arts +

PO

1797

MARCUARD

Adolphe

banquier

Est

1798

ROTHSCHILD

James

banquier

Nord Est

1792

Administrateurs nés entre 1800 et 1810 (35)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BAUDE

Alphonse

ingénieur

Est

1804

BERGERON

Charles

ingénieur

C F suisse

1808

BISCHOFFSHEIM

Louis

Banquier

Midi

1800

BLOUNT

Edward

banquier

Ouest PLM

1809

BOURLON

Pierre

transports

Orléans

1801

BUSSIERE

Alfred baron

Banquier

Est

1804

Calley Saint-Paul

Adrien

Banquier, avocat

Dijon-Belfort

1808

CHAPERON

Paul Romain

ingénieur

PLM

1808

Chasseloup-Laubat

Prosper

maître des requêtes, +

Ouest

1805

DUCHATEL

Napoléon

Officier +

Ouest

1804

DUCOS

Edouard Mathieu

ingénieur

Ardennes

1805

DURAND

Adolphe

banquier

Orléans

1804

EICHTAL

Adolphe

banquier

Midi, Est

1805

FOUCHER

Philippe Edmé

notaire

PO

1809

GALLIERA

Raffaele

h. d'affaire banquier

Est Nord PLMMidi

1803

GALOS

Henri

Négociant, fonctionnaire +

Ardennes

1804

GLADSTONE

William

négociant, banquier

PO, Lyon Genè

1809

HELY d'OISSEL

Antoine Pierre

avocat

PLM

1806

Hottinguer

Jean Henri

banquier

PLM Nord

1803

LAFFITTE

Charles

Financier banquier

Ouest

1803

Marc

Amédée

magistrat

Orléans

1802

MONICAULT

Gabriel

avocat, magistrat

PLM

1807

NOAILLES

Paul de

diplomate

Ardennes ouest

1802

PERDONNET

Auguste

ingénieur

Est

1801

PEREIRE

Isaac

banquier

PLM Midi

1806

PEREIRE

Emile

banquier

Midi Est Ouest

1800

POISAT

Michel Benoit

industriel fondeur

Nord PLM

1802

REY de FORESTA

Etienne Emilien

avocat

PLM

1806

RICHEMONT

Paul baron

industriel rail

Orléans, Dauphiné

1809

SAINT DIDIER baron de

Armand André Amé

magistrat

Nord

1806

SCHNEIDER

Joseph

industriel forges

PLM

1805

SEGUR de

Philippe

propriétaire +

PO

1809

SIMONS

Ernest

transports

Ouest Méditerranée

1803

VALMY

François

diplomate

Dauphiné

1802

VERNES

Félix

banquier

Nord

1801

WARU Laurens de

Adolphe

banquier

PO

1802

Administrateurs nés entre 1810 et 1820 (15)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BIESTA

Guillaume

Banquier

Dauphiné

1811

Chevandier de Valdrome

Eugène

ingénieur

Est

1810

DAVILLIER

Henry

Banquier

Est

1813

DELAHANTE

Gustave

banquier

Grand Central

1816

DELAHANTE

Adrien

banquier

PO

1815

DEMACHY

Charles

Banquier

PLM

1818

DONON

Armand

Banquier, avocat

Carmaux-Tououse

1816

Galline

Oscar

transports

PLM

1812

GIROD de l'Ain

Edouard

auditeur au conseil d'Etat +

Lyon, Genève

1819

LACROIX

Albert

propriétaire +

Orléans

1817

MALLET

Charles

banquier

PLM

1815

PARENT

Nicolas

avocat

Méditerranée

1817

SALVADOR

Casimir

banquier

Midi

1813

SEILLIERE

Achille

banquier

Lyon Ardenne

1813

Tesserenc de Bord

Edmond

ingénieur

Méditerranée

1814

Administrateurs nés entre 1810 et 1820 (15)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BIESTA

Guillaume

Banquier

Dauphiné

1811

Chevandier de Valdrome

Eugène

ingénieur

Est

1810

DAVILLIER

Henry

Banquier

Est

1813

DELAHANTE

Gustave

banquier

Grand Central

1816

DELAHANTE

Adrien

banquier

PO

1815

DEMACHY

Charles

Banquier

PLM

1818

DONON

Armand

Banquier, avocat

Carmaux-Tououse

1816

Galline

Oscar

transports

PLM

1812

GIROD de l'Ain

Edouard

auditeur au conseil d'Etat +

Lyon, Genève

1819

LACROIX

Albert

propriétaire +

Orléans

1817

MALLET

Charles

banquier

PLM

1815

PARENT

Nicolas

avocat

Méditerranée

1817

SALVADOR

Casimir

banquier

Midi

1813

SEILLIERE

Achille

banquier

Lyon Ardenne

1813

Tesserenc de Bord

Edmond

ingénieur

Méditerranée

1814

 

Administrateurs nés entre 1820 et 1830 (12)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

ANDRE

Alfred

banquier

Lyon Midi

1827

BAZIN

Eugène Louis

notaire

Ardennes

1824

COCHIN

Augustin

Préfet

Orléans

1823

FIRINO

Paul Adolphe

?

Charentes

1825

GAUTIER

Jules

banquier

Dauphiné

1822

Germain

Henri

agent de change +

Sathonay-Bourg

1824

KERSAINT de

Guy

officier de marine +

Ouest

1829

l'Espée

Henri de

ingénieur, préfet

Ouest

1827

ROTHSCHILD

Alphonse

banquier

Est Nord

1827

ROTHSCHILD

Gustave

banquier

Lyon PLM

1829

SAY

Léon

économiste +

Nord

1826

THURNEYSSEN

Georges

banquier

Midi

1829

Administrateurs nés entre 1830 et 1840 (4)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

HALPHEN

Geotges Léopold

banquier

Nord

1832

JOHNSTON

Nathaniel

ingénieur

Midi

1836

PEREIRE

Eugène

ingénieur

Est

1831

RAINNEVILLE

Hubert

officier +

Dauphiné PO

1833

C'est une population relativement âgée puisqu'en 1864 les deux tiers d'entre eux ont plus de 55 ans.

Représentation des différents réseaux au sein du Cercle des chemins de fer.

Elle est la suivante :

Réseau ou ligne

Nombre d'administrateurs

PLM

27

PARIS-ORLEANS

19

EST

13

NORD

11

OUEST

10

MIDI

10

ARDENNES

4

DAUPHINE

4

CHARENTES

1

GRAND-CENTRAL

1

Total

100
alors que nou n'avons que 80 administrateurs ce qui signifie que certains d'entre eux ont participé à plusieurs réseaux.

 

Administrateurs du PLM (27)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

ANDRE

Alfred

banquier

Lyon Midi

1827

BARTHOLONY

François

banquier

Orléans PLM

1796

Benoist d'Azy

Denis

Inspecteur gen Finances+

PO PLM

1796

BLOUNT

Edward

banquier

Ouest PLM

1809

CHAPERON

Paul Romain

ingénieur

PLM

1808

DEMACHY

Charles

Banquier

PLM

1818

DUMON

Sylvain

avocat, magistrat

PLM

1797

ENFANTIN

Prosper

Ingénieur

PLM

1796

GALLIERA

Raffaele

h. d'affaire banquier

Est Nord PLMMidi

1803

Galline

Oscar

transports

PLM

1812

GIROD de l'Ain

Edouard

auditeur au conseil d'Etat +

Lyon, Genève

1819

GLADSTONE

William

négociant, banquier

PO, Lyon Genè

1809

GOUIN

Alexandre

banquier

Paris-Lyon

1792

GRANDEFFE comte de

avocat

PLM

HELY d'OISSEL

Antoine Pierre

avocat

PLM

1806

Hottinguer

Jean Henri

banquier

PLM Nord

1803

MALLET

Charles

banquier

PLM

1815

MONICAULT

Gabriel

avocat, magistrat

PLM

1807

PARENT

Nicolas

avocat

Méditerranée

1817

PEREIRE

Isaac

banquier

PLM Midi

1806

POISAT

Michel Benoit

industriel fondeur

Nord PLM

1802

REY de FORESTA

Etienne Emilien

avocat

PLM

1806

ROTHSCHILD

Gustave

banquier

Lyon PLM

1829

SCHNEIDER

Joseph

industriel forges

PLM

1805

SEILLIERE

Achille

banquier

Lyon Ardenne

1813

SIMONS

Ernest

transports

Ouest Méditerranée

1803

Tesserenc de Bord

Edmond

ingénieur

Méditerranée

1814

 

Administrateurs du

Paris-Orléans (19)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BARTHOLONY

François

banquier

Orléans PLM

1796

Benoist d'Azy

Denis

Inspecteur gen Finances+

PO PLM

1796

BOURGOING

Amable baron de

diplomate

Orléans

1791

BOURLON

Pierre

transports

Orléans

1801

COCHIN

Augustin

Préfet

Orléans

1823

DELAHANTE

Adrien

banquier

PO

1815

DUFEU

Gustave Eugène

?

PO

DURAND

Adolphe

banquier

Orléans

1804

FOUCHER

Philippe Edmé

notaire

PO

1809

FOUGERES

G bon Lambot de

Cons réfer Cour comptes+

PO

1796

GASCQ de

Pierre Blaise

magistrat

Orléans

1786

GLADSTONE

William

négociant, banquier

PO, Lyon Genè

1809

LACROIX

Albert

propriétaire +

Orléans

1817

LAVALLEE

Alphonse

dir Ec centrale arts +

PO

1797

Marc

Amédée

magistrat

Orléans

1802

RAINNEVILLE

Hubert

officier +

Dauphiné PO

1833

RICHEMONT

Paul baron

industriel rail

Orléans, Dauphiné

1809

SEGUR de

Philippe

propriétaire +

PO

1809

WARU Laurens de

Adolphe

banquier

PO

1802

Administrateurs de l'Est

(12)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BAIGNERES

Gustave Nicolas

inspecteur CF +

Est

BAUDE

Alphonse

ingénieur

Est

1804

BUSSIERE

Alfred baron

Banquier

Est

1804

Chevandier de Valdrome

Eugène

ingénieur

Est

1810

DAVILLIER

Henry

Banquier

Est

1813

EICHTAL

Adolphe

banquier

Midi, Est

1805

GALLIERA

Raffaele

h. d'affaire banquier

Est Nord PLMMidi

1803

MARCUARD

Adolphe

banquier

Est

1798

PERDONNET

Auguste

ingénieur

Est

1801

PEREIRE

Eugène

ingénieur

Est

1831

ROTHSCHILD

Alphonse

banquier

Est Nord

1827

ROTHSCHILD

James

banquier

Nord Est

1792

 

Administrateurs du Nord

(11)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BARBET

Henry

industriel

Nord

1789

DALON

marquis

préfet +

Nord

1795

GALLIERA

Raffaele

h. d'affaire banquier

Est Nord PLMMidi

1803

HALPHEN

Geotges Léopold

banquier

Nord

1832

Hottinguer

Jean Henri

banquier

PLM Nord

1803

POISAT

Michel Benoit

industriel fondeur

Nord PLM

1802

ROTHSCHILD

Alphonse

banquier

Est Nord

1827

ROTHSCHILD

James

banquier

Nord Est

1792

SAINT DIDIER baron de

Armand André Amé

magistrat

Nord

1806

SAY

Léon

économiste +

Nord

1826

VERNES

Félix

banquier

Nord

1801

 

 

Administrateurs de l'Ouest

(10)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BLOUNT

Edward

banquier

Ouest PLM

1809

Chasseloup-Laubat

Prosper

maître des requêtes, +

Ouest

1805

DUCHATEL

Napoléon

Officier +

Ouest

1804

GERVAIS

Alexis

Rentier +

Ouest

KERSAINT de

Guy

officier de marine +

Ouest

1829

LAFFITTE

Charles

Financier banquier

Ouest

1803

l'Espée

Henri de

ingénieur, préfet

Ouest

1827

NOAILLES

Paul de

diplomate

Ardennes ouest

1802

PEREIRE

Emile

banquier

Midi Est Ouest

1800

SIMONS

Ernest

transports

Ouest Méditerranée

1803

 

Administrateurs du Midi

(10)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

ANDRE

Alfred

banquier

Lyon Midi

1827

BISCHOFFSHEIM

Louis

Banquier

Midi

1800

CIBIEL

Vincent

banquier

Midi

1797

EICHTAL

Adolphe

banquier

Midi, Est

1805

GALLIERA

Raffaele

h. d'affaire banquier

Est Nord PLMMidi

1803

JOHNSTON

Nathaniel

ingénieur

Midi

1836

PEREIRE

Isaac

banquier

PLM Midi

1806

PEREIRE

Emile

banquier

Midi Est Ouest

1800

SALVADOR

Casimir

banquier

Midi

1813

THURNEYSSEN

Georges

banquier

Midi

1829

 

Administrateurs des

Ardennes (4)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BAZIN

Eugène Louis

notaire

Ardennes

1824

DUCOS

Edouard Mathieu

ingénieur

Ardennes

1805

GALOS

Henri

Négociant, fonctionnaire +

Ardennes

1804

NOAILLES

Paul de

diplomate

Ardennes ouest

1802

Administrateurs du

Dauphiné (5)

Nom

Prénoms

Profession

Administrateur

Naissance

BIESTA

Guillaume

Banquier

Dauphiné

1811

GAUTIER

Jules

banquier

Dauphiné

1822

RAINNEVILLE

Hubert

officier +

Dauphiné PO

1833

RICHEMONT

Paul baron

industriel rail

Orléans, Dauphiné

1809

VALMY

François

diplomate

Dauphiné

1802

 

L'administrateur des chemins de fer des Charentes est Paul Adolphe Firino né en 1825 pour lequel nous n'avons pas trouvé de renseignement au sujet de sa profession ; mais son épouse étant née Martell, de la famille des producteurs de cognac, c'est vraisemblablement du fait de cette appartenance qu'il a été premier vice-président du conseil d'administration des chemins de fer en question . Celui du Grand Central, réseau dont l'existence a été très courte, est Gustave Delahante, banquier, né en 1816. Ces tableaux montrent que les banquiers sont nombreux dans les différents réseaux ferrés à l'exception de celui des Ardennes.

Professions des administrateurs

En ce qui concerne les professions, nous savons que 33 d'entre eux sont banquiers, hommes d'affaires ou financiers (liste ci-après) :

Administrateurs

banquiers

Nom

Prénoms

Administrateur

Religion

Décorations

Politique

ANDRE

Alfred

Lyon Midi

Protestant

Chevalier L H

Député

BARTHOLONY

François

Orléans PLM

protestant

Officier L. H.

BIESTA

Guillaume

Dauphiné

catholique

Chevalier L H

BISCHOFFSHEIM

Louis

Midi

Israélite

Chevalier L H

BLOUNT

Edward

Ouest PLM

Catholique

BUSSIERE

Alfred baron

Est

protestant

Officier L H

Député

Calley Saint-Paul

Adrien

Dijon-Belfort

catholique

Officier L H

Député

CIBIEL

Vincent

Midi

protestant

Chevalier L H

Député

DAVILLIER

Henry

Est

Catholique

Commandeur L.H.

DELAHANTE

Gustave

Grand Central

saint-simonien

Chevalier L H

DELAHANTE

Adrien

PO

catholique

DEMACHY

Charles

PLM

Catholique

Chevalier L.H.

DONON

Armand

Carmaux-Tououse

Catholique

Chevalier L H

DURAND

Adolphe

Orléans

catholique

Officier L H

EICHTAL

Adolphe

Midi, Est

juif, protestant,saint-simonien

commandeur LH

député

GALLIERA

Raffaele

Est Nord PLMMidi

Catholique

Annonciade

Sénateur italien

GAUTIER

Jules

Dauphiné

protestant

Chevalier L H

GOUIN

Alexandre

Paris-Lyon

catholique

Commandeur L H

député, sénateur

HALPHEN

Georges Léopold

Nord

israélite

OLH

Hottinguer

Jean Henri

PLM Nord

Protestant

Chevalier L.H.

Maire

LAFFITTE

Charles

Ouest

Saint-simonien

Chevalier L H

Député

MALLET

Charles

PLM

Protestant

MARCUARD

Adolphe

Est

protestant

Chevalier L H

PEREIRE

Isaac

PLM Midi

Israélite

Officier L H

Député

PEREIRE

Emile

Midi Est Ouest

Israélite

Commandeur L H

Député

ROTHSCHILD

Alphonse

Est Nord

Israélite

Comandeur L.H.

Conseiller général

ROTHSCHILD

James

Nord Est

Israélite

Grand Officier

ROTHSCHILD

Gustave

Lyon PLM

israélite

Chevalier LH

SALVADOR

Casimir

Midi

Israélite

Chevalier L H

SEILLIERE

Achille

Lyon Ardenne

Catholique

THURNEYSSEN

Georges

Midi

Protestant

Chevalier LH

VERNES

Félix

Nord

Protestant

WARU Laurens de

Adolphe

PO

protestant

On voit que toutes sont des banques privées, établissements que les économistes classent généralement dans la catégorie des hautes banques. Notons toutefois que ces investisseurs se sont généralement groupés pour réaliser une ou plusieurs lignes de chemin de fer et que parfois les alliances qu'ils avaient contractées se sont rompues pour y faire entrer d'autres banquiers. Leurs investissements ne se limitaient d'ailleurs pas aux seules voies ferrées : d'autres affaires industrielles ou financières les intéressaient comme les charbonnages, la sidérurgie, la mécanique (comme les Batignolles) les canaux, les transports maritimes ou les assurances et cela aussi bien en France que dans les pays voisins. 

Les ingénieurs sont seulement au nombre de 11 :

Ingénieurs

administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Etudes

Décorations

Politique

BAUDE

Alphonse

Est

X ponts

Chevalier L H

BERGERON

Charles

C F suisse

X

CHAPERON

Paul Romain

PLM

X ponts

O LH

Chevandier de Valdrome

Eugène

Est

Ecole Centrale

Commandeur L H

ministre

DUCOS

Edouard Mathieu

Ardennes

X ponts

O LH

ENFANTIN

Prosper

PLM

X

JOHNSTON

Nathaniel

Midi

X mines

Député

l'Espée

Henri de

Ouest

X mines

PERDONNET

Auguste

Est

X

Commandeur L H

PEREIRE

Eugène

Est

Centrale

Commandeur L H

Député

Tesserenc de Bord

Edmond

Méditerranée

X

Chevalier L H

Député

Deux seulement (Chevandier de Valdrome et Eugène Péreire) sont sortis de l'Ecole centrale des arts et manufactures. Tous les autres sont polytechniciens et ont fait l'Ecole des ponts et chaussées ou celle des mines, à l'exception de Bergeron, ingénieur civil dans les chemins de fer suisses, d'Enfantin qui n'a pas d'autre diplôme que polytechnique mais, après avoir été le chantre des saint-simoniens, a fait carrière au PLM, de Perdonnet qui, renvoyé de polytechnique pour manifestation politique parcourut l'Europe avant d'entrer dans les chemins de fer et de Tesserenc de Bort qui a fait partie de la commission de surveillance des chemins de fer. Il y a lieu de rappeler que la présence d'ingénieurs au sein des compagnies de chemins de fer et, à fortiori, dans les conseils d'administration de ces dernières, a soulevé bien des polémiques (20). En effet les rôles respectifs de l'Etat et des entreprises privées dans la construction des chemins de fer a varié au cours des années. La création de certaines lignes a été confiée au privé sous le régime de la concession, l'Etat se réservant un contrôle à la fois technique et éventuellement financier. Mais pour d'autres lignes les études ont été effectuées par le service des ponts et chaussées et la réalisation des travaux par des entreprises privées. Dans ce cas, certains ingénieurs des ponts et chaussées qui avaient participé aux études demandèrent et obtinrent leur mise en congé illimité pour entrer au service des compagnies de chemins de fer qui, cherchant du personnel compétent, leur faisaient des offres intéressantes sur le plan pécuniaire. 

 

Les magistrats sont au nombre de 5

Magistrats

administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Décorations

Politique

DUMON

Sylvain

PLM

G O L H

Ministre

GASCQ de

Pierre Blaise

Orléans

G O L H

Pair de France

MARC

Amédée

Orléans

Chevalier LH

MONICAULT

Gabriel

PLM

Chevalier L H

SAINT DIDIER baron de

Armand André Amé

Nord

O L H

Ce sont des magistrats qui, au cours de leur vie, ont eu des activités différentes, politiques notamment, qui les ont amenés à s'intéresser aux chemins de fer. Dumon, avocat général puis conseiller d'Etat, et ministre des travaux publics sous Guizot (1843) a été un fervent partisan de la réalisation des chemins de fer par des compagnies privées après un voyage d'information en Angleterre. Pour de Gasc, pair de France en 1841, c'est son titre de président honoraire à la Cour des comptes qui figure au conseil d'administration du Paris-Orléans. Pour Marc, substitut du procureur du Roi jusqu'en 1830, ce n'est pas du fait de cette fonction qu'il est devenu administrateur du Paris-Orléans puisqu'il a donné sa démission de magistrat en 1830 pour ne pas servir le gouvernement de Juillet. La situation de Gabriel de Monicault est similaire. Quant au baron de Saint-Didier c'est après sa démission des fonctions de magistrat en 1848 qu'il est devenu administrateur de la compagnie du Nord. Notons enfin que trois d'entre eux appartenaient à la noblesse et que la remarque que nous avons faite plus haut à ce sujet reste valable.

Les avocats au nombre de 4 :

Avocats administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Décorations

Politique

GRANDEFFE comte de

Arthur

PLM

Chevalier L H

HELY d'OISSEL

Antoine Pierre

PLM

Chevalier L H

PARENT

Nicolas

Méditerranée

Député

REY de FORESTA

Etienne Emilien

PLM

O LH

Maire

Trois d'entre eux sont nobles et la remarque précédente est encore valable. Le comte de Grandeffe est l'un des administrateurs les plus jeunes puisqu'il est né en 1832. Sa vie professionnelle a été particulièrement remplie car, après avoir été avocat à la Cour d'appel de Paris, il s'est engagé dans l'armée en 1870 et y a fait carrière pour finalement en démissionner en 1880 et entrer chez un agent de change parisien. C'est parce que le père d'Arthur Armand Raoul de Guilloteau, comte de Grandeffe était administrateur des chemins de fer de Tours à Nantes et du PLM que lui-même est devenu administrateur. Hély d'Oissel est d'une famille d'ancienne noblesse d'Ecosse implantée en Normandie au 17ème siècle ; sa carrière d'avocat a été relativement courte et il s'est consacré très vite à la Compagnie de Saint-Gobain avant de s'intéresser aux chemins de fer en réalisant une ligne desservant l'usine de Saint-Gobain. Nicolas Parent, d'origine sarde, bien qu'avocat, s'est surtout fait remarquer par ses activités politiques lorsque la Savoie est devenue française et c'est vraisemblablement à ce titre qu'il a fait partie du conseil d'administration du PLM. Rey de Foresta était un avocat de talent mais c'est par ses fonctions de maire de Montmorency, ville qu'il a voulu développer, notamment en faisant réaliser le chemin de fer la reliant à Enghien, qu'il est entré au conseil du PLM.

Deux notaires ont été administrateurs :

Notaires administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Décorations

Politique

BAZIN

Eugène Louis

Ardennes

FOUCHER

Philippe Edmé

PO

Chevalier L H

La vocation des notaires est généralement de s'occuper des biens immobiliers. Sur les huit notaires membres du Cercle des chemins de fer, Bazin et Foucher ont été les seuls à s'intéresser aux chemins de fer et à y investire des capitaux. 

Trois d'entre eux sont des entrepreneurs de transports ou de messageries :

Transporteurs administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Décorations

Politique

BOURLON

Pierre

Orléans

Officier L H

Député

GALLINE

Oscar

PLM

Officier L H

SIMONS

Ernest

Ouest Méditerranée

Officier L H

Bourlon et Simons se sont intéressés aux transports routiers sous la Monarchie de juillet et sont devenus administrateurs des Messageries générales, entreprise de transport par route de voyageurs et de marchandises. Quant à Galline c'est surtout un homme d'affaire dont le père était propriétaire de messageries par voie de terre et d'eau. Il paraît logique que de tels professionnels s'intéressent à la construction des chemins de fer même si ceux-ci sont des concurrents en puissance qui finalement auront raison des messageries à partir de 1870; d'ailleurs bien des maîtres de poste décédés sous la Monarchie de juillet avaient dans leur patrimoine des actions de chemins de fer.

Nous avons trois diplomates parmi les administrateurs :

Diplomates administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Décorations

Politique

BOURGOING

Amable baron de

Orléans

Chevalier L H

Sénateur

NOAILLES

Paul de

Ardennes ouest

G O L H

Pair

VALMY

François duc de

Dauphiné

Député

 

Ils sont diplomates mais ce sont surtout des membres de grandes familles souvent proches du pouvoir et actifs en politique : deux raisons pour qu'ils soient administrateurs de compagnies de chemin de fer au même titre que tous les représentants de la noblesse.

Trois industriels :

Industriels administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Décorations

Politique

POISAT

Michel Benoît

Nord PLM

OLH

député

RICHEMONT

Paul baron

Orléans, Dauphiné

Commandeur L H

sénateur

SCHNEIDER

Joseph

PLM

Grand Croix L H

ministre

Poisat, fondeur et affineur de métaux et Schneider, directeur des forges du Creusot étaient évidemment intéressés par la construction des lignes de chemin de fer qui représentaient un débouché pour leurs produits. Quant au baron Panon des Bassyns de Richemont qui dès 1830 s'était intéressé aux affaires industrielles, sa présence dans les conseils d'administration ne pouvait que conforter l'image de marque des réseaux. 

Deux propriétaires :

Propriétaires

 

administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Décorations

Politique

LACROIX

Albert

Orléans

Officier L H

député

SEGUR de

Philippe

PO

député

Le terme de propriétaire que l'on trouve fréquemment au XIXème siècle dans les actes notariés et dans ceux de l'état civil cache souvent des professions différentes. C'est le cas pour Albert Lacroix de Saint-Pierre qui, par héritage, est devenu administrateur des Messageries impériales fondées par son grand-père sous le nom de Messageries nationales. Il est également administrateur des Messageries maritimes dont il est le fondateur, des chemins de fer de l'Est et des omnibus et tramways de Lyon. Pour Philippe de Ségur le terme de propriétaire s'applique parfaitement et député de Seine-et-Marne sous la Monarchie de Juillet c'est par la politique qu'il s'est intéressé aux chemins de fer.

Deux agents de change :

Agents de change

administrateurs

Nom

Prénoms

Administrateur

Décorations

Politique

BARBET

Henry

Nord

G O L H

député

GERMAIN

Henri

Sathonay-Bourg

Chevalier LH

député

Ainsi qu'on le verra plus loin il y a de nombreux agents de change ayant un office près de la Bourse de Paris parmi les membres du Cercle des chemins de fer mais dans l'ensemble il y viennent essentiellement pour leur profession, pour conférer avec leurs clients et leur fournir des renseignements sur leurs investissements existants ou à venir. Si certains d'entre eux sont entrès en politique aucun n'a eu de mandat de député ou de sénateur. Barbet et Germain sont des exceptions : tous deux sont fils de manufacturiers. Barbet est le neveu de Barbet de Jouy et dès 1836 il gère la manufacture d'indiennes créée par son père avec près de 400 ouvriers. Son activité comme agent de change a été de très courte durée. Quant à Germain, titulaire d'une licence en droit, c'est à Lyon qu'il exerce la profession d'agent de change et qu'il rend rapidement prospère l'office dont il a fait l'acquisition. Mais l'essentiel de ses activités est dans les houillères, les forges, les chemins de fer et également la banque puisqu'il fonde le Crédit lyonnais en s'associant avec Arlès-Dufour, Paulin Talabot et Enfantin. 

Autres fonctionnaires et divers au nombre de 15:

Nom

Prénom

Profession

Réseau

Décoration

Politique

Baignières

Gustave

inspecteur CF

Est

Benoist d'Azy

Denis

insp finances

PO PLM

Chevalier L H

député

Chaseloup-Laubat

Prosper

maître requêtes

Ouest

G rand Croix L H

sénateur, ministre

Dalon

marquis

préfet

Nord

O LH

Duchatel

Napoléon

officier

Ouest

Chevalier L H

député

Dufeu

Gustave Eugène

?

PO

Chevalier L H

Firino

Paul Adolphe

?

Charentes

Chevalier L H

Fougères baron

Lambot de

cour des comptes

PO

Chevalier L H

Galos

Henri

fonctionnaire

Ardennes

O LH

député

Gervais

Alexis

rentier

Ouest

conseiller général

Girod de l'Ain

Edouard

auditeur conseil d'Etat

Lyon, Genève

O LH

député

Kersaint

Guy de

officier de marine

Ouest

Chevalier LH

député

Lavallée

Alphonse

directeur Ecole centrale

PO

Chevalier L H

Rainneville

Hubert de

officier

Dauphiné, PO

Chevalier L H

député, sénateur

Say

Léon

économiste

Nord

Grand Croix L H

député, ministre

 

Cette analyse est un peu théorique car, pour certains, il est assez difficile de leur donner une profession précise puisqu'ils en ont eu plusieurs au cours de leur vie : par exemple le comte Denis Benoist d'Azy, après avoir été secrétaire de légation, inspecteur général des finances et dirigé les mines d'Alès, est élu député sous la Monarchie de Juillet, s'intéresse aux chemins de fer et devient administrateur du Paris-Orléans et du PLM. Nous sommes dans le monde des affaires et la profession ou plutôt l'état des personnes varie avec le temps. Ce qu'il y a de vraisemblable, c'est que tous ces administrateurs venaient au Cercle des chemins de fer par intérêt professionnel.

Sur les 79 administrateurs ayant fait l'objet d'une fiche biographique 60 ont été décorés de la Légion d'honneur ce qui n'est pas en soi digne d'un intérêt particulier car ils représentent des élites ayant, du fait de leur présence dans un conseil d'administration d'un réseau de chemin de fer, des relations avec la haute administration ce qui les met en position d'être remarqués par le pouvoir. Mais, si l'on se penche sur les dossiers leur accordant cette décoration, lorsque l'on peut y accéder ce qui n'est pas toujours facile et qu'ils n'ont pas été vidés de tout ou partie de leur contenu, on constate que celle-ci leur a parfois été accordée comme officier de la Garde nationale ce qui n'a finalement aucun rapport avec leur appartenance à un conseil d'administration d'une compagnie de chemin de fer.

En revanche il semble utile de s'intéresser aux 40 d'entre eux qui ont eu un mandat politique et dont nous donnons ci-dessous la liste complétée ( de manière un peu abrégée) par la nature du mandat, sa date et le lieu de son obtention.

Administrateurs à mandat

politique

Nom

Prénoms

Administrateur

Politique

ANDRE

Alfred

Lyon Midi

Député Seine 1871

BARBET

Henry

Nord

Pair, Député Seine inférieure 1863

Benoist d'Azy

Denis

PO PLM

Député Nièvre 1841

BOURGOING

Amable baron de

Orléans

Pair, Sénateur 1841, 1852

BOURLON

Pierre

Orléans

Député Vienne 1852

BUSSIERE

Alfred baron

Est

Député Bas-Rhin 1852

Calley Saint-Paul

Adrien

Dijon-Belfort

Député Haute-Vienne 1857

Chasseloup-Laubat

Prosper

Ouest

sénateur ministre Charente-inf 1837

Chevandier de Valdrome

Eugène

Est

député, ministre Meurthe 1859

CIBIEL

Vincent

Midi

Député Aveyron 1839, 1846

COCHIN

Augustin

Orléans

Maire Paris 10è, préfet

DUCHATEL

Napoléon

Ouest

Député, pair, Charente-inférieure 1834

DUMON

Sylvain

PLM

Député Lot-et-Garonne 1831, Ministre

EICHTAL

Adolphe

Midi, Est

député Sarthe 1846, C. m. Paris 1851

GALLIERA

Raffaele

Est Nord PLMMidi

Sénateur italien 1859

GALOS

Henri

Ardennes

Député Gironde 1837 - 1846

GASCQ de

Pierre Blaise

Orléans

Pair , cons. gén. Seine-et-Marne 1841

Germain

Henri

Sathonay-Bourg

député Ain 1869 1871

GERVAIS

Alexis

Ouest

conseiller général Seine-et-Oise

GIROD de l'Ain

Edouard

Lyon, Genève

Député Ain 1865

GOUIN

Alexandre

Paris-Lyon

député, Indre et L ,sénateur 1867

Hottinguer

Jean Henri

PLM Nord

Maire Boissy St Léger 1844

JOHNSTON

Nathaniel

Midi

Député Gironde

KERSAINT de

Guy

Ouest

Député Puy-de-Dôme 1857

LACROIX

Albert

Orléans

député Drôme 1862

LAFFITTE

Charles

Ouest

Député Eure 1844

NOAILLES

Paul de

Ardennes ouest

Pair 1827

PARENT

Nicolas

Méditerranée

Député Savoie 1871

PEREIRE

Eugène

Est

Député Tarn 1863

PEREIRE

Isaac

PLM Midi

Député Pyrénées-orient 1863, 1869

PEREIRE

Emile

Midi Est Ouest

Député Gironde 1863

POISAT

Michel Benoît

Nord PLM

député Ain 1842, 1846

RAINNEVILLE

Hubert

Dauphiné PO

député, sénateur Somme 1871

RICHEMONT

Paul baron

Orléans, Dauphiné

Sénateur Indre-et-Loire 1852, 1857

ROTHSCHILD

Alphonse

Est Nord

Conseiller général Seine-et-Marne 1867

SAY

Léon

Nord

ministre, député Seine 1871

SCHNEIDER

Joseph

PLM

ministre (1851) député S et Loire 1842

SEGUR de

Philippe

PO

Député Seine-et-Marne 1842

Tesserenc de Bord

Edmond

Méditerranée

Député Hérault 1846, ministre 1872

VALMY

François

Dauphiné

Député Haute-Garonne 1839

Très approximativement on peut dire que ces élus étaient pour moitié orléanistes et pour moitié bonapartistes à l'exception de quelques uns, fort rares, qui ont eu un mandat sous la Monarchie de Juillet puis un autre sous le Second Empire. En revanche, quelques élus sous Louis-Philippe, après avoir disparu de la scène politique sous l'Empire, sont réapparus après 1871. Ce qu'il est très difficile de percevoir c'est le motif de leur implication en politique : ont-ils brigué un mandat dans le but de favoriser la réalisation de voies ferrées ou bien envisageant l'ouverture de lignes de chemin de fer se sont-ils servis de ces projets pour se faire élire localement. C'est très difficile de le savoir sauf pour quelques-uns du fait de quelques mésaventures. Ainsi l'élection d'Eugène Laffitte comme député de l'Eure le 13 janvier 1844 fut annulée ses opposants prétendant qu'il était étranger au département et qu'il avait triomphé grâce à la promesse formelle de l'exécution d'un embranchement de chemin de fer de Saint-Pierre à Louviers. Sa reélection du 24 février 1844 fut cassée par la Chambre et lors de sa troisième élection du 13 avril 1844 il fut invalidé. Ce n'est qu'après avoir déchiré l'engagement qu'il avait pris au sujet de l'embranchement ferroviaire qu'il fut élu le 6 juillet 1844 et put ainsi siéger à la Chambre.

8 - Les banquiers

Nous en avons dénombré 63 dans la liste des 574 mais nous n'avons pu établir que 41 fiches seulement, les autres faisant l'objet de fiches foetus. Leurs noms et leurs adresses figurent ci-après avec l'indication des fiches établies.

 

Les banquiers

Nom et prénom

Adresse 1861

Fiche

André Alf-L

36 faub Poissonnière 10ème

F

Bartholony François

12 La Rochefoucauld 9ème

F

Bishoffsheim L B

30 Basse du Rempart

F

Blount E.

3 rue de la Paix 2ème

F

Bussière baron de

à la Monnaie 2ème

F

Bamberger H.

8 Drouot 9ème

Ff

Biesta

13 Blanche 9ème

F

Blonay baron Gustave de

20 La Rochefoucauld 9ème

Ff

Bouillerie baron André de la

105 Lille 7ème

F

Bouillerie Joseph de la

105 Lille 7ème

F

Brocard F.

7 rue Vivienne (1867) 2ème

Ff

Cibiel V.

24 avenue Gabriel 8ème

F

Calley-Saint-Paul Adrien

42 avenue Gabriel 8ème

F

Cuadra L. do

58 Taitbout 9ème

Ff

Davillier Henri

15 Chauchat 9ème

F

Dufour Louis

15 Richer 9ème

Ff

Durand Adolphe

49 Neuve des Mathurins 8ème

F

Delahante Adrien

12 Chauchat 9ème

F

Delahante Gustave

105 Lille 7ème

F

Demachy Charles

118 faub St Honoré 8ème

F

Donon A.

44 Victoire 9ème

F

Eichthal baron A. d'

34 Neuve des Mathurins 8ème

F

Erlanger R. d'

21 chaussée d'Antin 9ème

Ff

Fould Adolphe

22 rue Bergère 9ème

F

Fould Eugène

3 rue Rossini 9ème

F

Gouin Alexandre

25 rue de l'Arcade 8ème

F

Gautier Jules

49 rue de la Madeleine 8ème

F

Girod Michel

49 rue Laffitte 9ème

Ff

Goldschmidt S.B.H.

9 rue de Milan 9ème

Ff

Goldschmidt S.H.

26 rue Chaussée d'Antin 9ème

Ff

Goldsmith Edouard

170 Fb Saint-Honoré 8ème

Ff

Grieninger (F.)

21 Chaussée d'Antin 9ème

F

Hottinguer Henri

17 rue Bergère 9ème

F

Huffer W.

89 rue Taitbout 9ème

Ff

Javal Léopold

10 rue Chauchat 9ème

F

Kann J.E.

34 rue Taitbout 9ème

Ff

Koenigswarter L. J.

11 rue de Matignon (1867) 8ème

F

Leiden

Ff

Le Lasseur Charles

6 rue Royale St Honoré 1er

Ff

Lillo Léon

9 passage Clary

Ff

Marcuard

18 rue Bergère 9ème

F

Neuflise baron André de

18 rue Bergère 9ème

F

Osmont

30 rue d'Amsterdam 9ème

Ff

Péreire Isaac

35 faub St Honoré 8ème

F

Péreire Emile

35 faub St Honoré 8ème

F

Rothschild baron James

19 Laffitte 9ème

F

Rothschild baron Alphonse

15 rue St Georges 9ème

F

Rothschild baron Gustave

19 rue Laffitte 9ème

F

Rostand Albert

20 rue de l'Arcade 8ème

F

Salvador

15 pl Vendôme 1er

F

Seillière baron A.

70 Provence 9ème

F

Soubeyran G. de

19 place Vendôme (1867) 1er

F

Sourdis E.

20 rue Le Peletier (1867) 9ème

Ff

Stern J.-A.

68 chaussée d'Antin 9ème

F

Thurneyssen G.

35 Fb St Honoré 8ème

F

Thélier Auguste

10 Chauchat 9ème

F

Trivulzi

8 Provence (1867) 9ème

Ff

Vernes Félix

20 Drouot 9ème

F

VandenBroek Frédéric

60 Chaussée d'Antin 9ème

Ff

Villeneuve Guyot de

27 rue de Clichy 9ème

Ff

Waru de

28 Clichy 9ème

F

Weisweiller Ch

36 La Fayette (1867) 9ème

Ff

Wertheimber W

21 Chaussée d'Antin 9ème

Ff

 

Les fiches que nous avons établies sont relatives à des établissements bancaires importants qui, pour la plupart, ont déjà fait l'objet d'études approfondies dans le volume 7 des Patrons du Second Empire - Banquiers et financiers parisiens; c'est un ouvrage remarquable que le lecteur intéressé par le sujet doit consulter impérativement. Nous estimons qu'il y a lieu d'ajouter à cette liste les 2 directeurs ou administrateurs du Crédit foncier ( dont l'un fait l'objet d'une fiche) et deux ingénieurs ( Eugène Péreire et Talabot) qui, sans être banquiers, ont financé plusieurs réseaux tout en participant à leur construction ou leur direction.

Branicky cte Xavier

60 Pépinière (8ème)

Ff

Frémy

34 rue Saint-Lazare (9ème)

F

Péreire Eugène

35 faub Saint-Honoré (8ème)

F

Talabot Paulin

17 Laffitte (9ème)

F

C'est donc au total 63 membres du Cercle (dont 41 ont une fiche rédigée) qui peuvent être classés dans cette catégorie. Quant aux autres, à savoir 22 banquiers et un du Crédit foncier, ils ont fait l'objet de fiches fœtus, c'est-à-dire, d'une note succincte comportant au moins leur nom, leur adresse et leur profession. Il est vraisemblable qu'il s'agissait d'établissements bancaires sensiblement moins importants. Au total cette profession représente plus de 10 % de la population du Cercle en 1864 ce qui montre qu'une partie non négligeable des adhérents du cercle s'intéressaient à la Bourse et cela est confirmé par la présence des agents de change ainsi qu'on le voit plus loin.

Nous en étudions plusieurs aspects :

A - Localisation

Sur 63 banquiers, 37 sont installés dans le 9ème arrondissement, 14 dans le 8ème arrondissement, 2 dans le 1er (place Vendôme) et les autres dans divers arrondissements. de la rive droite. Ils sont donc en majorité à proximité de la Bourse et du Cercle ce qui semble tout à fait normal compte tenu de leurs activités.

B - Les stratégies matrimoniales

Les stratégies matrimoniales ont toujours joué un grand rôle au sein de la noblesse et, plus tardivement, au sein de la bourgeoisie. Elles ont eu pour but généralement, soit de créer des alliances entre grandes familles, soit de conserver ou d'agrandir le patrimoine familial. Il nous a semblé intéressant de voir si, parmi les élites économiques présentes au sein du Cercle des chemins de fer, de telles stratégies existaient.

Si l'on examine le groupe des banquiers on voit que l'endogamie y est relativement fréquente.

La famille Rothschild

A la fin du 18èmesiècle les cinq fils de Meyer Amschel Rothschild ( 1744-1812) et de Gutèle Schnapper (1755-1849) installent des maisons de banque : l'aîné Anselme à Francfort, le second Salomon à Vienne, le troisième Nathan à Londres, le quatrième Charles à Naples et le benjamin James à Paris. Ce dernier, qui nous intéresse puisque vivant en France et membre du Cercle, épouse à Francfort, à l'âge de 32 ans, sa nièce Bettina (Betty) âgée de 19 ans, fille de son frère Anselme. Sur les six enfants issus de ce mariage, ( Charlotte, Alphonse, Gustave, Salomon, Edmond, Aveline) un seul Gustave (le troisième) se mariera en dehors de la famille, les autres épousant des cousins germains ou issus de germain : Charlotte se marie avec Nathaniel, fils de Nathan de Londres tandis qu'une petite-fille de ce dernier, Léonora, devient l'épouse d'Alphonse ; Salomon et Edmond épousent Adèle et Adélaïde, toutes deux filles de Karl de Francfort et petites-filles d'Anselme ; enfin Aveline se marie avec Ferdinand fils de Salomon de Vienne. Cette pratique d'allure tribale a sans doute contribué à conforter le réseau bancaire installé par la famille sur l'Europe de l'époque.

La famille Péreire

Le 28 septembre 1841, Isaac Pereire épouse à Paris sa nièce Fanny Rébecca Pereire, fille aînée de son frère aîné Emile. En France le mariage entre un oncle et sa nièce est interdit par l'article 162 du Code civil (à l'époque Code Napoléon de 1804) mais l'article 164 du même code prévoit que des dispenses peuvent être accordées. Ce fut évidemment le cas pour ce mariage et il nous a paru intéressant de consulter le dossier de dispense afin de connaître les motifs invoqués pour l'obtenir. La demande a été présentée par une lettre cosignée des deux postulants, Fanny et Isaac, mais manifestement rédigée par ce dernier qui expose tout d'abord qu'il a, avec son frère Emile (père de Fanny), de nombreuses affaires financières et qu'un tel mariage ne pourra que les faciliter tandis qu'une alliance avec une femme étrangère à la famille serait susceptible de les perturber. Puis il indique que, de son premier mariage avec Rachel Laurence Fonseca ( sa cousine germaine décédée 4 ans plus tôt), il a eu deux enfants de 5 et 10 ans qui depuis la mort de leur mère ont été pratiquement élevés par sa nièce et que son mariage avec cette dernière assurera le bonheur de ses enfants. C'est évidemment ce second argument qui a eu le plus de poids pour l'administration. Mais on peut se demander si la question financière ne présentait pas davantage d'importance pour le demandeur que l'aspect familial. De toutes manières un premier mariage avec sa cousine germaine puis un second avec sa nièce montrent qu'il tenait à conforter son patrimoine par les liens familiaux.

La famille Vernes

Le 29 septembre 1834 Félix Vernes, à l'âge de 33 ans, épouse au Temple de l'Oratoire à Paris sa nièce Philippine Adèle Vernes, 22 ans, fille aînée de son frère Charles. Dans la demande de dispense il n'est aucunement question d'affaires financières. C'est le père de la future épouse

<< Charles Vernes, sous-gouverneur de la Banque de France, membre du Conseil supérieur du commerce, ancien juge au tribunal de commerce, ancien membre de la Chambre de commerce, demeurant rue de la Vrillière à la Banque >>selon le contenu de sa requête, qui, le 17 juillet 1834 adresse cette demande de dispense au ministre de la Justice. Elle est basée, écrit-il, << sur la convenance et les vœux de toute la famille. Elle est fondée sur un attachement mutuel aussi bien que sur une parfaite estime et une confiance qu'aucune autre union ne prévaut aux deux requérants.>> Il y a consentement de lui-même et de son épouse et, pour son frère, celui de sa mère. <<Cette union est nécessaire non seulement pour assurer le sort des deux requérants mais pour le bonheur intérieur et la satisfaction du reste de la famille.>> En résumé ces enfants s'aiment et toute la famille est dans la joie. Toutefois, sur le plan financier, il est impossible de dire si ce mariage a été un élément moteur dans le développement de la banque Vernes, banque qui a prospéré et existe encore aujourd'hui.

La famille Delessert

Le seul membre de cette famille protestante de banquiers et de raffineurs de sucre inscrit au Cercle des chemins de fer est Benjamin (1817-1868) qui est le neveu de l'autre Benjamin Delessert (1773-1847) fondateur de la Caisse d'épargne de Paris. Son père François Marie (1780-1868) a épousé sa propre nièce Sophie Gautier, âgée de 16 ans, fille de sa sœur aînée Marguerite Madeleine (1761-1839) et d'Antoine Gautier, bourgeois de Genève, banquier à Paris. La dispense autorisant le mariage, qui eut lieu le 30 octobre 1812, fut accordée par un décret impérial daté de Smolensk.

La famille Mallet

Charles Mallet (1815-1902) est lié à la famille Oberkampf puisqu'il est le fils de Jules Mallet (1789-1866) et d'Emilie Oberkampf (1794-1856) elle-même fille de Christophe Philippe Oberkampf (1738- 1815), protestant venu de Suisse, qui créa en 1762 à Jouy-en-Josas, une manufacture d'impression sur toile à la renommée internationale. Ce manufacturier, bien qu'ayant fait baptiser ses enfants à l'église, les maria dans la société protestante française. Une autre de ses filles, Laure épouse James Mallet, frère de Jules, et c'est une fille issue de ce mariage, Germaine Lucie Mallet que Charles Mallet épouse à Paris le 22 avril 1844. Elle est donc sa cousine germaine à double titre. Et sur les quatre enfants issus de cette alliance une fille Laure Sophie (1845-1926) épousera en 1866 Jacques Mallet, fils d'Edmond et petit-fils d'Isaac (1684-1779) le fondateur de la banque qui en 1782 est devenue Mallet frères et Cie.

Les familles Delahante et Roullet de la Bouillerie

Les mariages scellent des alliances entre banques protestantes. Ainsi Joseph Roullet de la Bouillerie (1822-1894), entré en1846 comme fondé de pouvoir dans la banque d'Adrien Delahante, épouse en 1856 Sophie Delahante fille de Gustave Delahante frère cadet d'Adrien. Son frère cadet André (1826-1884), fondateur en mai 1861 de la maison de banque << A.de la Bouillerie, Ch. Catoire et Cie>> épouse en 1859 Adèle Delahante fille également de Gustave et sœur de Sophie.

Les familles André et Neuflize

Ce sont encore des alliances matrimoniales entre banques protestantes. André Poupart, baron de Neuflize (1820-1858) banquier à Paris, épouse en 1847 Marie-Louise André, sœur d'Alfred André (1827-1896) également banquier à Paris. A noter que la sœur de cette dernière Gabrielle André ( 1833-1907) épousera en 1852 Henri Mallet (1824-1908) fils de Jules Mallet (1789-1866).

C - Religions

Il ne semble pas que les protestants et les israélites soient les plus nombreux comme on a parfois l'habitude de le dire quand on évoque le domaine de la banque au XIXème siècle. Cette idée reçue ne semble pas s'appliquer à la population du Cercle. A noter d'ailleurs que si certains de nos banquiers ont eu une activité religieuse particulière d'autres ont été plutôt discrets et même opportunistes sur le plan de la religion. Ainsi parmi les protestants André fut membre du Consistoire de l'Eglise réformée de Paris et Bussière président du Consistoire de la Confession d'Augsbourg. Chez les israélites Bishoffen était président du Consistoire israélite de Belgique et, dans la famille Rothschild, Alphonse était président du Consistoire central et Gustave président du Consistoire de Paris tandis que James finançait la synagogue de la rue N.D. de Nazareth et Edmond celle de la rue de la Victoire. En revanche Eichtal, élevé dans la religion juive, puis converti au catholicisme en 1817 avec toute sa famille embrassa en 1834 lors de son mariage la religion réformée, celle de son épouse. Etant donné qu'à l'époque le catholicisme était religion officielle il n'en est pas fait état chez les banquiers dont c'était la religion. De toutes manières et, quelque soit leur religion, les membres du Cercle faisaient partie, dans leur majorité, de la génération qui a connu la création des caisses d'épargne. L'épargne, malgré les polémiques qu'elle peut susciter, est une vertu de bon père de famille, prévoyant et responsable, une vertu qui a eu souvent un rôle économique et moral dans l'essor de la bourgeoisie dont étaient issus la plupart des banquiers en question malgré les titres aristocratiques que certains d'entre eux avaient pu obtenir. Cela était encore plus évident pour tous ceux qui étaient proches de la religion réformée.

9- Les ingénieurs

Ils sont au nombre de 38 qui ont fait l'objet d'une fiche . Le tableau ci-dessous en donne la liste avec les principaux éléments les concernant.

Les ingénieurs

Nom

Prénoms

Etudes

Décorations

Politique

AUDIBERT-ROZE

Edmond

X mines

Bassompierre-Sewrin

Albert

X ponts

Officier L H

BATAILLE

Eugène

X

Officier L H

Député

BAUDE

Alphonse

X ponts

Chevalier L H

BAUDE

Elphège

X ponts

Chevalier LH

BAUER

Antoine

X

Chevalier LH

BERGER

Georges

Ecole des mines

G O L H

Député

BERGERON

Charles

X

Billy de

Daniel

X

Commandeur L.H.

BRAME

Edouard Auguste

X

CHAPERON

Paul Romain

X

O LH

CHATELUS

Benoît

X

Officier L H

Chevandier de Valdrome

Eugène

Ecole Centrale

Commandeur L H

ministre

CLERC

Emile

X ponts

Commandeur L H

DELBALAT

J.B. Jemme

X

DESEILLIGNY

Alfred

diplôme d'ingénieur

ministre

DIDION

Charles

X ponts

Commandeur L H

DUCHANOY

Charles

X mines

Chevalier L H

DUCOS

Edouard Mathieu

X

O LH

ENFANTIN

Prosper

X

GOUIN

Ernest

X

Officier L H

C.M Paris, C.général

HART

Charles-Victor

X ponts

JOB

Jean Gratien de

X

O LH

JOHNSTON

Nathaniel

X mines

Député

JULLIEN

Adolphe

X ponts

Commandeur L H

LAMBERT

Charles Joseph

X

Chevalier LH

l'Espée

Henri de

X

LOUBAT

Alphonse

ingénieur

Maire

MICHEL

Louis

X ponts

Chevalier L H

MORANDIERE

Romain

X ponts

Conseiller général

PERDONNET

Auguste

X

Commandeur L H

PEREIRE

Eugène

Centrale

Commandeur L H

Député

SAUVAGE

François

X

Commandeur L H

Député

TALABOT

Paulin

X ponts

Commandeur L H

Député

Tesserenc de Bord

Edmond

X

Chevalier L H

Député, ministre

THIRION

Marc Antoine

X ponts

Officier L H

THOYOT

Jean

x ponts

Officier L H

maire

Vuigner

Henry

X

5 autres ingénieurs figuraient sur la liste de Yriarté pour lesquels nous n'avons trouvé aucun renseignement. Le tableau ci-dessous fournit leurs noms et leurs adresses.

 

Nom

Prénom

Adresse

BAUDE

Albert

13 rue Royale Saint Honoré

CHAPMAN

Henri

27 boulevard des Italiens

CHARAUDEAU

Jules

20 boulevard Poissonnière

DEBAUGE

1 Cité Gaillard rue Blanche

MAYER

Ernest

26 rue Pigalle

D'après le premier tableau sur les 38 ingénieurs 33 sont issus de l'Ecole polytechnique et 12 ont fait l'Ecole des ponts et chaussées alors que 3 sont sortis de celle des mines. Deux sont sortis de l'Ecole centrale des arts et manufactures. Nous ignorons l'origine du diplôme d'ingénieur d'Alfred Desilligny ; son père, normalien, s'appelait Jules Perrot et, par un jugement du tribunal de la Seine de 1843, avait été autorisé à reprendre le nom de chevalier de Seilligny. Ajoutons qu'en 1858 il a épousé sa cousine germaine fille d'Eugène Schneider, directeur des forges du Creusot. Quant à Alphonse Loubat, parti très jeune aux Etats-Unis pour y faire du commerce, il participe à la réalisation du premier tramway de New-York et , à son retour en France, prend un brevet tenant compte d'améliorations relatives à la forme des rails et réalise plusieurs voies de ce type à Paris. 26 sont décorés de la Légion d'honneur et il est possible que d'autres l'aient été car certains dossiers ne sont pas répertoriés. Les mandats politiques des ingénieurs sont peu nombreux ( 13 seulement sur 38) . Cependant deux ont été ministres : Chevandier de Valdrome qui fut ministre de l'Intérieur du 2 janvier au 9 août 1870 et Alfred Deseilligny, déjà cité plus haut, qui sous la IIIème République fut ministre des travaux publics (mai 1873) puis de l'agriculture et du commerce (1873-1874). Eugène Bataille fut député de la Haute-Vienne sous le Second Empire. Berger fut député du 9ème arrondissement de Paris sous la IIIème République. C'est dans le département de la Gironde que Nathaniel Johnston fut élu député sous la Monarchie de Juillet. Quant à Eugène Péreire , lorsqu'il fut candidat dans le Tarn aux élections législatives de 1863 , qualifié d'étranger israélite, il fut victime des pires calomnies avant d'être élu. Talabot fut élu dans le Gard en 1863 et c'est en 1871 que Sauvage, pour la Seine, et Teisserenc de Bort, pour la Haute-Vienne, furent élus représentants à l'assemblée nationale mais ce dernier avait déjà été député de l'Hérault en 1846.

Certains d'entre eux ont eu une destinée tragique :

- Baude Elphège fut tué le 22 mars 1871 par les insurgés de la Commune sur la place Vendôme à Paris ;

- Henri de l'Espée venait d'être nommé préfet de la Loire lorsqu'il fut assassiné au cours d'une émeute à l'Hôtel de ville de Saint-Etienne le 25 mars 1871 ;

- Daniel de Billy alors qu'il était directeur du service de contrôle et de surveillance des chemins de fer de Paris à Lyon périt dans un accident de chemin de fer survenu à Périgny (Côte d'Or) le 4 avril 1874.

Les Saint-simoniens

Quelques adhérents du Cercle l'ont été. Mais avant d'en parler rappelons ce qu'était le Saint-simonisme.

Claude Henri de Saint-Simon ( 1760-1825) était le petit-neveu du mémorialiste Saint-Simon (1675-1755).Après une vie assez erratique il établit vers 1820 une doctrine en vue de favoriser l'émergence d'une société égalitaire basée sur le système industriel. Il dénonce avec ses disciples les classes dominantes (les rentiers et les capitalistes) et incite les industriels et les banquiers à faire une révolution au profit des producteurs, la gestion de la collectivité étant confiée aux techniciens. Certains ingénieurs furent attirés par cette philosophie économique et plus particulièrement les polytechniciens des promotions 1815 à 1830, et également des banquiers et des industriels.

Au sein du Cercle des chemins de fer le plus en vue est certainement Prosper Enfantin (Promotion X 1813) qui fut l'un de ses disciples les plus actifs puisqu'il voulut créer une communauté modèle à Ménilmontant vers 1830 et la diriger sous le nom de <<Père Enfantin>>. Deux de ses amis furent également attirés par cette philosophie Paulin Talabot, son camarade de l'école polytechnique (promotion 1819), ingénieur des ponts et chaussées, qui participa comme lui-même à la réalisation de lignes de chemin de fer et Barthélémy Arlès-Dufour, industriel autodidacte, qui, par amitié, l'accueillit souvent dans son foyer lyonnais. Tous les trois d'ailleurs firent campagne pour le percement de l'isthme de Suez. Au Cercle nous avons aussi Charles Joseph Lambert, un autre polytechnicien (promotion 1822), ingénieur des mines, proche d'Enfantin, qui collabora avec ce dernier au journal <<Globe >> organe des saint-simoniens, que l'on connaît également sous le nom de <<Lambert bey>> du fait de son séjour en Egypte où il dirigea des travaux sur le Nil et créa une école polytechnique pour le vice-roi de ce pays. D'autres membres du Cercle, bien que n'étant pas ingénieurs, ont été séduits par le Saint-simonisme. : c'est le cas des frères Péreire, banquiers, dont l'aîné Emile collabora au <<Globe, au <<National>> et à la <<Revue encyclopédique>> suivi par son cadet Eugène, ingénieur centralien et également du banquier Gustave Delahante et de l'avocat Ignace Plichon. D'autres membres ont été saint-simoniens mais de manière si fugace que nous ne les avons pas retenus.

  

10 - Les avocats

Dans la liste ci-dessous, de 24 noms ,nous avons porté tous les membres du Cercle ayant fait l'objet d'une fiche rédigée qui ont fait des études de droit et exercé au moins durant quelque temps la profession d'avocat. On voit que pour la plupart d'entre eux cette profession n'a été qu'un tremplin pour briguer un mandat politique parfois tardivement d'ailleurs. après la chute du Second Empire.

 

Nom

Prénoms

Profession

Etudes

Politique

ANDRAL

Paul

Avocat préfet

Licence en droit

Maire

BARROT

Odilon

Avocat

droit avocat

Député

BLAVOYER

Joseph Arsène

avocat

Député

BOULARD

Auguste Henry

avocat

Droit

Député

Calley Saint-Paul

Adrien

Banquier, avocat

droit avocat

Député

CALVET-ROGNIAT

Ferdinand

avocat, industriel

droit avocat

Député

DAGUENET

Jacques Adolphe

Magistrat, avocat

droit, avocat

Député

DEMEUFVE

Charles

avocat

Licence en droit

Député

DIDIER

Henri

avocat

droit avocat

Député

DONON

Armand

Banquier, avocat

Droit

DUMON

Sylvain

avocat, magistrat

Droit

Ministre

EVAIN

Jules

avocat, officier

Licence en droit

Député

FREMY

Louis

avocat

Licence en droit

Député

GRANDEFFE comte de

avocat

HELY d'OISSEL

Antoine Pierre

avocat

Le Sergeant de M

Félix

avocat

Licence en droit

Député

MATHIEU-BODET

Pierre

avocat

droit

Député

MONICAULT

Gabriel

avocat, magistrat

Droit

MOREAU

Henri

notaire, avocat

Droit avocat

Député

PARENT

Nicolas

avocat

droit

Député

PLICHON

Ignace

avocat

droit

député, ministre

REY de FORESTA

Etienne Emilien

avocat

SALVANDY de

Paul

avocat

Droit

Député

TARGET

Paul

avocat,

droit, avocat

Député

Certains ont fait carrière dans l'administration , comme Andral dans la préfectorale et le conseil d'Etat, ou dans la magistrature ( Daguenet fut procureur, Dumon avocat général, Monicault fut procureur du Roi avant de s'installer avocat) ou même dans l'industrie (Calvet-Rogniat après le 4 septembre), les chemins de fer (Hélyd'Oissel par l'intermédiaire de la compagnie de Saint-Gobain) , la banque (Donon) ou bien encore dans l'armée comme le comte de Grandeffe après 1870 ou la Garde nationale où Evain se fit remarquer comme officier en 1848. En revanche, Rey de Foresta, tout en consacrant une grande partie de son activité à la ville de Montmorency dont il était maire, continua avec talent sa profession d'avocat. D'autres avocats étaient également inscrits au Cercle des chemins de fer mais par manque de documents ils ont fait l'objet d'une simple fiche foetus et sont groupés dans le tableau ci-dessous :

Nom et prénom

Adresse 1861

Comartin Jules

8 Pyramides

Dubochet

175 faubourg Poissonnière

Duplan

21 Tronchet

Duval Ferdinand

23 Taitbout

Marmottant Jules

10 rue Mogador

Mirault Henri

23 faubourg Poissonnière

Pomereu Alexis de

67 rue de Lille

Villeneuve Guyot de

27 rue de Clichy

En définitive, il y a donc eu 32 avocats qui ont été inscrits au Cercle des chemins de fer en 1861.

11 - Les agents de change

Le tableau ci-dessous donne la liste des agents de change ayant un office près de la Bourse de Paris qui étaient membres du Cercle des chemins de fer en 1861 avec, le cas échéant, l'année de leur habilitation. Ils sont au nombre de 33 mais nous n'avons pu établir une fiche biographique que pour douze d'entre eux, les autres faisant l'objet d'une fiche fœtus, 

 

Les agents de change

Nom et prénom

Adresse de l'office

Domicile

Fiche

Année d'agrément

Observations

Archdéacon Edmond

15 Champs-Elysées

F

Archdéacon Sébastien

15 Champs-Elysées

F

Béjot Georges

7 Tivoli

Ff

1852

ancien agent de change

Béjot Paul

7 Vivienne puis 89 Richelieu

Ff

1861

Bertin

11bis Boulogne

Ff

1860

agent de change honor.

Blerzy

12 Ménars

14 Cirque

FF

1835

Cohen Julius (ou Julien)

37 Antin

Ff

Delaville Le Roux

8 Laffitte

FF

Dollfus Edmond

8 Favart

41 Luxembourg

F

1860

Dreux Ernest

14 Grammont

Ff

1857

Ganneron Frédéric

6 Ménars

9 bd Madeleine

F

1854

Gillois E.

18 rue Grange-Batelière

Ff

1855

Girod Gustave

49 rue Laffitte

F

1859

L.H. L1151041

Guérinet Charles

11 avenus de Grammont

Ff

1853

Guilhiermoz Jules

44 rue N.D. des Victoires

F

1855

L.H. L1232056

Hart Auguste

23 rue Le Pèletier

F

1856

L.H. L1269038

Hébert Ch.

14 N.D. des Victoires

Ff

1827

Herbault (N)

17 rue Bleue

12 Port-Mahon

Ff

1862

Lagarde Paul

29 rue Laffitte

19 d'Aumale

Ff

1854

Laurent Charles Abel

38 rue N.D. des Victoires

2 Bercy

F

1853

Ag de Ch. Caisse dépots

Lecomte Eug.

12 rue Laffitte

Ff

1858

Leray

11 rue Saint-Florentin

Ff

Ancien agent de change

Manuel Edouard

40 rue de Clichy

Ff

Ancien agent de change

Martini Georges

36 rue St Marc

Ff

1857

Millet Louis

21 rue de Provence

F

1856

L.H. L1878034

Munster

31 rue de Provence

Ff

Ancien agent de change

Paradis Henri

29 rue de Taitbout

Ff

Associé d'agent de chan.

Renouard Léopold

3 rue de Grammont

3 Hanovre

Ff

1859

L.H. L2301022

Rigaud

90 rue Neuve St Augustin

3 Hanovre

Ff

1846

Roland-Gosselin Louis Eug

62 Rue Richelieu

9 Inkermann

F

1853

L.H. L2371030

Santerre Ernest

8 rue d'Anjou St Honoré

Ff

agent de change honor.

Vieyra-Molina Adolphe

43 Saint-Georges

F

Ancien agent de change

Wey Maxime

110 Richelieu

Ff

1857

 

Nommés par l'Empereur, les agents de change parisiens sont, à l'époque, assujettis à des règles fixées par le décret impérial du 1er octobre 1862 leur imposant notamment un cautionnement de 250.000 francs. ( Dans les villes de province le montant du cautionnement est sensiblement inférieur.) Pour obtenir un office, ils doivent être français, âgés de 25 ans au moins et titulaires d'un certificat d'aptitude et d'honorabilité signé par les chefs de plusieurs banques et avoir travaillé au moins quatre années chez un agent de change, une banque, un commerce ou un notaire. Ils ont toujours la propriété de leur office, ce point ayant été confirmé par l'article 11 de la loi du 4 novembre 1848. Alors que le nombre des offices parisiens a varié sous l'Ancien régime, il a été fixé irrévocablement à 60 par l'ordonnance royale du 29 mai 1816 confirmant les arrêts de 1786. Bien que certains d'entre eux soient retraités ou aient changé de profession, on voit que près de la moitié d'entre eux se sont inscrits au Cercle des chemins de fer.

Leurs bureaux sont implantés dans les 2ème et 9ème arrondissements à moins de 500 mètres de la Bourse (rues Ménars, Vivienne, N.D. des Victoires, Laffitte, Richelieu, Provence, Grammont, St Augustin) Etant donné que le Cercle des chemins de fer, provisoirement ouvert en mai 1854 au siège du Grand Central, 16 place Vendôme, fut installé définitivement dès le 1er janvier 1855 à l'angle du boulevard des Italiens et de la rue de la Michodière, à 500 mètres environ de la Bourse, on comprend aisément que les dits agents de change, situés à proximité, soient venus quotidiennement au Cercle prendre les ordres de ses membres intéressés aux spéculations boursières. Leur appartenance à ce Cercle était donc essentiellement utilitaire. Leur activité était-elle supérieure à celles de leurs collègues pour justifier leur appartenance au Cercle ? Nous l'ignorons ; le syndic de la profession n'en faisait pas partie, mais la Chambre syndicale tenait ses séances 6 rue de Ménars au siège de Frédéric Ganneron, membre du Cercle. Il faut signaler également comme agent de change, Prosper Bagier qui abandonna cette profession pour celle de directeur de théâtre (d'après Prévost et Roman d'Amat),

Aucun des agents de change parisiens cités ci-dessus n'a eu des responsabilités politiques à notre connaissance. Mais, parmi les membres du Cercle ayant eu des mandats politiques, nous trouvons toutefois:

- Laurent Descours, né en 1814, député du Rhône en 1857, 1863 et 1869, agent de change à Lyon entre 1845 et 1867 et syndic de sa compagnie, avant de s'intéresser à l'agriculture ;

- Marius Bianchi, né en 1823, élu député de l'Orne en 1876, qui lors de son élection était agent de change près la Bourse de Paris alors qu'il ne figurait pas sur la liste des 60 sous le Second Empire ;

- Henri Germain, né en 1824, élu député de l'Ain en 1869, bien qu'étant titulaire d'une charge d'agent de change à Lyon, dirigeait les Houillères de Montrambert et les Forges de Chatillon-Commentry et créait avec Arlès-Dufour, Enfantin et Paulin Talabot le Crédit Lyonnais en juillet 1863.

- Henry Barbet, né en 1789, député de Seine-Inférieure et pair de France sous la Monarchie de Juillet, qui exerça cette même profession en province ( d'après Eric Anceau ; d'ailleurs il indique Rouen comme domicile sur l'annuaire du Cercle de 1861), mais dont l'activité principale, comme fils de <<Barbet de Jouy>>, était la direction de la très importante fabrique d'indiennes que lui avait cédée son père en 1858.

 12 - Les médecins

Dix médecins ont fréquenté le Cercle des chemins de fer. Ils ont tous fait l'objet d'une fiche foetus. Le tableau ci-dessous en fournit la liste :

Les médecins

Nom et prénom

Adresse 1861

Profession 1864

Bécourt

20 d'Enghien

médecin L.H.

Boutin de Beauregard Léon

42 Neuve St Augustin

docteur médecin

Campbell

24 Royale

médecin accoucheur

Laborie E.

10 rue Le Pèletier

médecin

Mac Carthy Docteur

15 Ville l'Evêque (1867)

médecin

Olliffe sir Joseph

2 rue Saint-Florentin

médecin

Pasquier Alphonse

4 rue de la Michodière

L.H. médecin

Shrimpton

17 Anjou St Honoré

médecin L.H.

Voillemier

10 Paix

médecin

Worms Maximilien

9 Fb Poissonnière

O L.H. médecin

On est surpris de la consonance anglo-saxonne du patronyme de certains d'entre eux . Elle est bien évidemment confirmée pour Sir Olliffe qui affiche son titre et pour Shrimpton dont le dossier de Légion d'honneur nous indique qu'il est né à Malborough et était médecin aide-major. En ce qui concerne Campbell et Mac Carthy, leur famille peut avoir des origines britanniques tout en résidant en France depuis plusieurs générations.

13 - Les entrepreneurs et industriels

Nous avons groupé dans ce chapitre tous ceux qui sont en charge d'une industrie ou d'une entreprise quelle que soit la nature de cette dernière.

Nom et prénom

Adresse 1861

Profession 1864

Barbet Henri

Rouen

industriel

Brault Emile

27 quai Grenelle

maître de forges

Castor

49 Valois du Roule (1867)

L.H. entrepreneur de T.P.

Descilligny

92 Neuve des Mathurins (1867)

L.H. industriel

Dreyfus-Dupont

41 Richier

maître de forges

Hochet Jules

33 rue de Miromesnil

maître de forges de Fourchambault L.H.

Javal Léopold

10 rue Chauchat

banquier député de l'Yonne industriel

Lamarque A.

néant en 1867

entrepreneur de menuiserie

Lavaurs

7 rue de la Paix

constructeur de CF

Loubat Alphonse

10 rue Mogador

rentier (industriel, ingénieur)

Martin Pierre Emile

12 rue Chaptal

maître de forges

Poisat

29 rue de Boulainvilliers Passy

propriétaire industriel

Richemont baron Paul de

82 rue d'Amsterdam

C L.H. sénateur industriel

Schaken

12 place Vendôme (1867)

L.H. constructeur de chemins de fer

Waring Charles

68 Bd Strasbourg

entrepreneur TP

Waring Henry

68 Bd Strasbourg

entrepreneur TP

Au vu de cette liste on peut se demander si ce monde de l'entreprise et de l'industrie n'est pas un peu artificiel. Mais cela doit cependant correspondre à la réalité de l'époque. Javal, par exemple , a été de toutes les entreprises que ce soit la manufacture de toiles peintes, la construction de berlines de transport, la mise en valeur de terrains , la banque ou même le combat en Algérie. Castor, né à Treis en 1811, époque où cette ville faisait partie du département de Rhin et Moselle, est entrepreneur de travaux publics mais il est aussi ingénieur civil alors que nous ne l'avons pas trouvé dans la liste des ingénieurs.

 

14 - Les négociants

Pour la plupart ils n'ont qu'un intérêt relatif et font l'objet de fiches foetus à l'exception de trois d'entre eux : Henri Davillier, Joseph Halphen et A. Sommier qui ont davantage d'importance.

Les négociants

Nom et prénom

Adresse 1861

Profession 1864

Burot François

57 Neuve des Mathurins

négociant

Davillier Henri

15 Chauchat

négociant, manufacture de coton banquier

Halphen Joseph

45 rue de Provence

négociants en diamants

Hendlé Edmond

18 rue Le Pèletier

négociant en diamants

Mosselman Alfred

63 rue d'Anjou St Honoré

négociant

Nelson Edward

9 rue Saint-Arnaud

négociant

Servant A.

6 rue de Braque (1867)

L.H. négociant en pelleterie

Sommier A.

22 Arcade aussi en 1867

L.H. négociant et raffinerie de sucre

Vogel Frédéric

9 Fb Poissonnière

négociant commissionnaire

Par tradition familiale Henri Davillier est bien un négociant mais dans ses activités propres c'est surtout un banquier, un financier accompli qui, ami des Rothschild, a participé à toutes leurs entreprises ferroviaires. Administrateurs de plusieurs réseaux et de compagnie d'assurances, il a été également régent de la Banque de France notamment durant la Commune. Joseph Halphen s'est toujours consacré au commerce des diamants tandis qu'Alexandre Sommier est propriétaire d'une importante raffinerie de sucre qui fusionnera plus tard avec le groupe Lebaudy.

15 - Les notaires

Ils sont au nombre de huit et cinq d'entre eux ont fait l'objet d'une fiche les trois autres ( Cressent, Lavoignat et Lefébure de Saint-Maur) ne bénéficiant que d'une fiche foetus.

Les notaires

Nom et prénom

Adresse 1861

Profession 1864

Acloque

146 Montmartre

notaire

Bazin Eugène

8 Ménars

notaire

Beau Amédée

20 Saint-Fiacre

notaire

Cressent Anatole

28 Moulins

notaire honoraire L.H.

Foucher

12 La Rochefoucauld

père président honoraire notaires Paris

Lambert de Sainte-Croix

8 rue de la Michodière

L.H. ancien notaire

Lavoignat

29 rue Caumartin (1867)

notaire 29 Caumartin

Lefébure de Saint Maur

néant en 1867

notaire 45 Neuve St Eustache

 16 - Les consuls

Sur les huit membres du Cercle qui ont été consuls, un seul Griéninger a fait l'objet d'une fiche rédigée. A noter que pour plusieurs d'entre eux la qualité de consul n'était que secondaire leur activité principale étant du domaine bancaire.

Les consuls

Nom et prénom

Adresse 1861

Profession 1864

Gil Pablo

23 rue SaintGeorges

Consul général de la Confédération Argentine

Grieninger (F.)

21 rue de la Chausée d'Antin

consul d'Oldenbourg banquier

Leconte Léon

51 rue de Taitbout

ancien consul

Leroux Jules

96 rue de Chaillot

L.H. consul général de Suède et Norvège

Michel Edouard

9 Ferme des Mathurins

Michel (Ed) jurisconsulte 66 Taitbout

Oppenheim Alexandre

18 rue d'Aumale

Consul honoraire de Belgique

Schwarz chevalier de

néant en 1867

L.H. Chancelier consulat Autriche 26 Laval

VandenBroek Frédéric

60 Chaussée d'Antin

Consul Pays-Bas et banquier

 17 - Les hommes de lettres

Les hommes de lettres

Nom et prénom

Adresse 1861

Profession 1864

Guizot Guillaume

54 rue de la Madeleine

homme de lettres

Laya Léon

8 rue Blanche

L.H. homme de lettres

Roqueplan Nestor

25 rue Taitbout

L.H. homme de lettres

Witt Cornelis de

52 Fb St Honoré

homme de lettres

Léon Laya s'est surtout intéressé au théâtre et est devenu un auteur dramatique réputé. Nestor Roqueplan après avoir été rédacteur en chef du journal Le Figaro s'est apssionné pour le théâtre et a dirigé plusieurs salles comme l'Opéra, l'Opéra comique et le Théâtre des Variétés. Quant à Cornélis de Witt, c'est surtout un historien collaborateur de la Revue des Deux mondes mais qui fit également partie de divers conseils d'administration de mines et de sociétés de chemin de fer. Il était l'époux d'Henriette Guizot fille aînée de l'ancien ministre et est donc le beau-frère de Guillaume Guizot également "homme de lettres" qui a traduit un certain nombre d'auteurs anglais.

 

 18 - Les sculpteurs

Deux unités ne constituent vraiment pas un groupe. Nous n'avons rien trouvé sur Wilkinson ; peut-être n'a-t-il fait que passer une fois au Cercle? En revanche Auguste Barré est une personnalité dans sa profession. L'adresse qu'il donne est celle de l'Institut où il avait son atelier.

Les sculpteurs

Nom et prénom

Adresse 1861

Profession 1864

Barre Auguste

8 quai Conti

sculpteur statuaire

Wilkinson

38avenue Gabrielle

(Charles né en 1830 sculpteur)

19 - Les hommes politiques

Dans le chapitre consacré aux administrateurs nous avons mis en évidence ceux d'entre eux qui avaient été parlementaires. Ils étaient 40 sur un effectif total des administrateurs de 104. C'est une proportion importante mais elle est sensiblement moindre que celle constatée sur l'ensemble des membres faisant l'objet d'une fiche rédigée. L'annexe n°10 fournit la liste des membres ayant eu un mandat politique : ils sont 120 soit près de la moitié des 253 fiches rédigées. C'est dire l'importance que la politique a pu avoir pour les adhérents du Cercle des chemins de fer. Pour analyser ce phénomène nous avons établi quatre listes : ceux qui ont été élus (ou nommés) sous la Monarchie de Juillet, sous la Deuxième République, sous le Second Empire et sous la Troisième République. Nous n'avons pas tenu compte de la Restauration car un seul a été nommé pair sous ce régime et a été reconduit après 1830. Sur les 120 membres précités 52 ont eu un mandat sous la Monarchie de Juillet, 24 sous la Deuxième République, 52 sous le Second Empire et 39 sous la Troisième République. Bien sûr certains l'ont eu sous plusieurs régimes.Voici les tableaux correspondants :

Hommes politiques sous la

Monarchie de juillet

Nom

Prénom

Profession

Politique

ALBUFERA

Suchet duc d'

officier

Pair de France

ARLES-DUFOUR

Barthelemy

idustriel

Conseiller général

BARBET

Henry

industriel

Député

BARROT

Odilon

Avocat

Député

BEHAGUE

Amédée comte de

agronome

conseiller général

BEHIC

Armand

fonctionnaire

Député

Benoist d'Azy

Denis

Inspecteur gen Finances+

Député

BETHISY de

Alfred

propriétaire

Pair de France

BOURGOING

Amable baron de

diplomate

Pair de France

BUSSIERE

Alfred baron

Banquier

Député

Chasseloup-Laubat

Prosper

maître des requêtes, +

député

CIBIEL

Vincent

banquier

Député

CORDIER

Adolphe

sous-préfet

sous préfet

DAGUENET

Jacques Adolphe

Magistrat, avocat

Député

DARU

Paul Henri

officier

député

DECAZES duc

Charles Elie Amadieu

diplomate

Conseiller général

DEMARCAIT

Horace

propriétaire

Député

DEMEUFVE

Charles

avocat

Député

DUCHATEL

Napoléon

Officier +

Député Pair

DUMON

Sylvain

avocat, magistrat

Ministre député

EICHTAL

Adolphe

banquier

député

FLAVIGNY

Maurice

propriétaire

Pair

GALOS

Henri

Négociant, fonctionnaire +

Député

GASCQ de

Pierre Blaise

magistrat

Pair de France

GERVAIS

Alexis

Rentier +

conseiller général

GIRARDIN de

Emile

Journaliste

Député

GOUIN

Alexandre

banquier

député

GOULARD

Eugène

propriétaire

député

HAUTPOUL

Alphonse

Officier

Député, Pair

HOCHET

Prosper

maître des requêtes

député

Hottinguer

Jean Henri

banquier

Maire

KOECHLIN

André

industriel

Député

LACAZE

Pierre

magistrat

Député

LAFFITTE

Charles

Financier banquier

Député

LANYER

Joseph

conseille d'Etat

Député

LE COUTEULX

Léon

diplomate

Député

MAHUL

Alphonse

maître des requêtes,préfet

député, préfet

Mancel

Eugène

propriétaire, préfet

Préfet

MATHIEU-BODET

Pierre

avocat

Député

MONICAULT

Alexis

Préfet

Conseiller général

MOULIN

Gabriel

magistrat

Député

NOAILLES

Paul de

diplomate

Pair

PLICHON

Ignace

avocat

député

POISAT

Michel Benoit

industriel fondeur

député

RIVET

Jean-Charles

préfet

député, préfet

SCHNEIDER

Joseph

industriel forges

député, ministre

SEGUR de

Philippe

propriétaire +

Député

SIMEON

Henri

conseiller d'Etat, préfet

Député

TERNAUX

Mortimer

maître des requêtes

Député

TERNAUX-COMPANS

Charles Henri

propriétaire

Député

Tesserenc de Bord

Edmond

ingénieur

Député

VALMY

François

diplomate

Député

Arlès-Dufour, Barrot, Behague, Bethisy, Cibiel, Daru, Demeufve, Galos, de Gascq, Gervais, Hochet, Hottinguer, Koechlin, Lacaze, Laffitte, Lanyer, Le Couteulx, Mahul, Mancel, de Monicault, Moulin, de Noailles, Poisat, Ségur, Ternaux-Compans et Valmy n'ont pas eu d'autres mandats sous les autres régimes. Au nombre de 23 ils représentent la moitié des membres du Cercle entrés en politique sous la Monarchie de Juillet. Nous avons pensé que leur âge était peut-être un motif pour abandonner la politique; mais sur 23 , dix seulement sont nés au 18 ème siècle et avaient donc plus de 50 ans lors de la révolution de 1848 ; ce n'est donc pas un motif suffisant. Certains d'entre eux étaient sans doute des orléanistes convaincus.

Hommes politiques sous la

Deuxième République

Nom

Prénom

Profession

Politique

ALBUFERA

Suchet duc d'

officier

député

AUCOUR baron d'

Charles

sous-préfet

député

BATAILLE

Eugène

ingénieur

Député

Benoist d'Azy

Denis

Inspecteur gen Finances+

Député

Chasseloup-Laubat

Prosper

maître des requêtes, +

ministre

CORDIER

Adolphe

sous-préfet

député

DELESSERT

Benjamin

banquier juge trib commece

député

DEMARCAIT

Horace

propriétaire

Député

EVAIN

Jules

avocat, officier

Député

FERAY

Ernest

Industriel

maire

FREMY

Louis

avocat

Député

GIRARDIN de

Emile

Journaliste

Député

GOUIN

Alexandre

banquier

député

GOULARD

Eugène

propriétaire

député, ministre

HAUTPOUL

Alphonse

Officier

Député

LECOMTE

Eugène

transports

Député

LEPIC

Napoléon

officier

Député

MARTIN

Emile

maître de forges

député

MATHIEU-BODET

Pierre

avocat

Député

PLANCY

Auguste

propriétaire

Député

PLICHON

Ignace

avocat

Cons. gén

SCHNEIDER

Joseph

industriel forges

ministre

SIMEON

Henri

conseiller d'Etat, préfet

Député

TERNAUX

Mortimer

maître des requêtes

Député

Sur les 24 membres du Cercle ayant eu un mandat parlementaire sous la Deuxiéme République, seuls Cordier, Delessert, Evain, Lepic et Martin (soit 5) n'en avaient jamais eu auparavant et n'en ont pas sollicité par la suite. En revanche Aucour, Bataille, Frémy, Lecomte et Plancy (soit 5 également) qui se présentaient à une élection pour la première fois ont été député sous le Second Empire. Tous les autres ont eu des responsabilités sous le régime précédent et quelques-uns d'entre eux en auront également par la suite. 

Hommes politiques sous le

Second Empire

Nom

Prénom

Profession

Politique

ALBUFERA

Suchet duc d'

officier

député

AUCOUR baron d'

Charles

sous-préfet

député

BARBET

Henry

industriel

Député

BATAILLE

Eugène

ingénieur

Député

BEHIC

Armand

fonctionnaire

ministre

BERNON

Francis baron de

maître des requêtes

Conseiller général

BOURGOING

Amable baron de

diplomate

Sénateur

BOURLON

Pierre

transports

Député

BUSSIERE

Alfred baron

Banquier

Député

Calley Saint-Paul

Adrien

Banquier, avocat

Député

CALVET-ROGNAT

Ferdinand

avocat, industriel

Député

Chasseloup-Laubat

Prosper

maître des requêtes, +

sénateur

Chevandier de Valdrome

Eugène

ingénieur

député

COCHIN

Augustin

Préfet

Maire 10è arrondt de Paris

COLLOT

Edmé Jean

agriculteur

député

DARBLAY

Aimé Stanislas

industriel

Député

DESCOURS

Laurent

agent de change

Député

DESEILLIGNY

Alfred

industriel ingénieur

député

DIDIER

Henri

avocat

Député

DUPONT

Paul

imprimeur

Député

EICHTAL

Adolphe

banquier

Cons mun Paris

FLAVIGNY

Maurice

propriétaire

député

FOULD

Adolphe

banquier

ministre député

FREMY

Louis

avocat

Député

GALLIERA

Raffaele

h. d'affaire banquier

Sénateur italien

Germain

Henri

agent de change +

député

GERMINY

Charles

maître des requêtes

ministre, sénateur

GIROD de l'Ain

Edouard

auditeur au conseil d'Etat +

Député

GOUIN

Alexandre

banquier

député, sénateur

GOUIN

Ernest

ingénieur

C.M Paris, Cons.gén

JAVAL

Léopold

industriel transports

Député

JOHNSTON

Nathaniel

ingénieur

Député

KERSAINT de

Guy

officier de marine +

Député

LACROIX

Albert

propriétaire +

député

LE HON

Léopold

maître des requêtes

Député

Le Sergeant de M

Félix

avocat préfet

Député

LECOMTE

Eugène

transports

Député

LOUBAT

Alphonse

Industriel ingénieur

Maire

MARTIN du NORD

Ernest comte

conseiller d'Etat

Conseiller général

MORANDIERE

Romain

ingénieur

Conseiller général

PEREIRE

Eugène

ingénieur

Député

PEREIRE

Isaac

banquier

Député

PEREIRE

Emile

banquier

Député

PLANCY

Auguste

propriétaire

Député

PLICHON

Ignace

avocat

député, ministre

REINACH

Hesso

propriétaire

Député

RICHEMONT

Paul baron

industriel rail

député Sénateur

ROTHSCHILD

Alphonse

banquier

Conseiller général

SCHNEIDER

Joseph

industriel forges

député

SIMEON

Henri

conseiller d'Etat, préfet

sénateur

SOUBEYRAN

Georges

banquier

Député

TALABOT

Paulin

ingénieur

Député

Sur les 52 membres du Cercle des chemins de fer qui ont eu des responsabilités politiques sous le Second Empire, 32 que nous citons ci-après, sont des nouveaux venus dans la sphère politique : Bernon, Bourlon, Calley Saint-Paul, Calvet-Regniat, Chevandier de Valdrome, Cochin, Collot, Darblay, Deseilligny, Descours, Didier, Dupont, Galliéra, Germain, Germiny, Girod de l'Ain, Gouin, Javal, Kersaint, Lacroix, Le Hon, Le Sergeant de Monnecove, Loubat, Martin du Nord, Morandière, les trois Pereire, Reinach, Rothschild (qui n'est que conseiller général), Soubeyran et Talabot. Quelques-uns parmi eux poursuivront leur carrière sous la Troisième République comme : Chevandier de Valdrome, Deseilligny, Dupont, Germain, Javal, Gouin, Martin du Nord et Soubeyran. Ajoutons que sous le Second Empire quatre membre du Cercle ont été ministres : Benic, Adolphe Fould, Plichon et Schneider , ce dernier l'ayant déjà été sous le régime précédent.

Hommes politiques sous la

IIIème République

Nom

Prénom

Profession

Politique

ANDRAL

Paul

Avocat préfet

Maire

ANDRE

Alfred

banquier

Député

Beau

Amédée

notaire

député

BEHIC

Armand

fonctionnaire

sénateur

Benoist d'Azy

Denis

Inspecteur gen Finances+

Député

BERGER

Georges

ingénieur

Député

BIANCHI

Marius

agent de change

Député

CHAMBRUN

Emmanuel Cte

officier

député

Chevandier de Valdrome

Eugène

ingénieur

ministre

DAGUENET

Jacques Adolphe

Magistrat, avocat

Député

DECAZES duc

Charles Elie Amadieu

diplomate

député Conseiller général

DESEILLIGNY

Alfred

industriel ingénieur

ministre

DUPONT

Paul

imprimeur

sénateur

FERAY

Ernest

Industriel

Sénateur député

FLERS comte de

Alfred

propriétaire

Sénateur

Germain

Henri

agent de change +

député

GOUIN

Ernest

ingénieur

C.M Paris, Cons.gén

GOULARD

Eugène

propriétaire

député, ministre

JAVAL

Léopold

industriel transports

Député

JOHNSTON

Nathaniel

ingénieur

Député

LEMOINNE

John

Diplomate

Sénateur inamovible

MARTELL

Edouard

négociant viticulteur

député, conseiller gén

MARTIN du NORD

Ernest comte

conseiller d'Etat

Conseiller général

MATHIEU-BODET

Pierre

avocat

Député

MOREAU

Henri

notaire, avocat

Député

PARENT

Nicolas

avocat

Député

PLICHON

Ignace

avocat

député

RAINNEVILLE

Hubert

officier +

député, sénateur

RIVET

Jean-Charles

préfet

député

SALVANDY de

Paul

avocat

Député

SAUVAGE

François

ingénieur

Député

SAY

Léon

économiste +

ministre, député

SOUBEYRAN

Georges

banquier

Député

TARGET

Paul

avocat,

Député

TERNAUX

Mortimer

maître des requêtes

Député

Tesserenc de Bord

Edmond

ingénieur

Député

THOYOT

Jean

ingénieur

maire

VINGTAIN

Léon

Journaliste

député

WITT de

Cornélis

industriel

député

Sur les 39 membres du Cercle des chemins de fer élus sous la Troisième République, 19 seulement entrent en politique pour la première fois : Andral (comme maire), André, Beau, Berger, Bianchi, de Chambrun, de Flers (comme sénateur), Lemoinne (comme sénateur inamovible), Martell, Moreau, Parent, Rainneville, de Salvandy, Sauvage, Léon Say, Target, Thoyot (comme maire), Vingtain et de Witt. En outre Deseilligny, Goulard et Léon Say ont été ministres.

20 - Conclusion

 On ne manquera pas de nous faire remarquer le caractère arbitraire des diférents groupes d'adhérents que nous nous sommes efforcés d'analyser. La profession nous a semblé être le choix le plus simple, le plus naturel et celui qui présente le moins d'ambiguité pour déterminer les groupes. Mais avant d'en arriver là, nous avons envisgé d'autres solutions. Par exemple un instant nous avons voulu grouper, parmi les fiches rédigées, celles qui faisaient mention d'un mandat politique. L'annexe n°10 en fournit l'état comme preuve de ce qui fut d'abord une simple tentative car, dans un premier temps nous avions vainement cherché une corrélation entre la profession des intéressés, leur âge et leur mandat politique. Par la suite nous avons analysé les mandats politique en fonction des gouvernements successifs et le résultat en est détaillé plus haut. Mais il est bien évident que, dans l'ensemble, nous avons affaire à des élites qui ont le goût du pouvoir et le recherchent aussi bien dans la vie professionnelle que dans la vie politique. En définitive, toutes les investigations supplémentaires dans ce domaine que nous avions envisagées primitivement nous ont semblé inutiles. Dans une autre perspective, nous avons remarqué que, parmi les adhérents du Cercle des chemins de fer, on trouve d'anciens membres du Conseil d'Etat, de la Cour des comptes, des magistrats, des professeurs de faculté, d'anciens préfets, des officiers, des receveurs des finances. Il nous a paru d'abord intéressant de les inscrire dans un groupe unique, suffisamment important puisqu'ls sont au nombre de 47 d'après l'annexe n°12 qui en fournit l'état. Mais un examen détaillé de cet état nous a montré qu'il n'y avait pas de similitude entre les comportements et les carrières des membres du groupe qu'ils formaient , groupe qui s'est ainsi révélé comme très arbitraire. Enfin une autre possibilité était de grouper tous les membres de la noblesse mais nous avons très vite abandonné cette idée car , d'une part, cela nous aurait entraîné dans des recherches longues et aléatoires sur leur histoire familiale, et d'autre part, le comportement de ceux d'entre eux qui ont brigué un mandat politique nous a déja fourni suffisamment de renseignements sur leurs préférences en matière d'idées aussi bien sous la Monarchie de Juillet que sous le Second Empire ou la Troisième République.

Il y a un aspect que nous n'avons pas évoqué au cours de l'étude : c'est celui du nombre des étrangers, notamment d'origine anglo-saxonne. Six au moins ont donné <<Londres>> comme adresse dans l'annuaire de 1861 : Esteban-Balleras Guillermo, Barry, Brassey, Crampton Ch., Crowe E. E., Gladstone, Scoelfied. Et, un seul d'entre eux , Brassey, a fourni une adresse plus précise lors de son inscription sur l'annuaire de 1867 : 4 Great George Street, Westminster, Londres. Malheureusement , à l'exception de Gladstone, nous n'avons pas pu établir la moindre fiche pour ces cinq adhérents par manque de renseignements à leur sujet. Nous savons que des capitaux anglais ont été investis lors de la construction du réseau français de voies ferrées mais il nous est impossible de savoir si ces adhérents ont participé à ces investissements; sauf Barry qui, étant administrateur, en a sans doute financé.

En revanche un autre citoyen britannique, Edward Blount, un banquier qui, à Paris, demeurait 3 rue de la Paix, a effectué de tels investissements. Il a en outre participé à la vie politique française en aidant la famille de Louis-Philippe à se réfugier à Londres en 1848 et, alors qu'il avait été nommé consul à Paris en 1870, en distribuant pendant et après le siège de l'argent et de la nourriture collectées en Angleterre pour aider les victimes. On peut citer également un français Hyppolite Biesta qui, en février 1848, offrit l'hospitalité au duc de Nemours en fuite et l'emmena jusqu'à Boulogne pour lui permettre de passer en Angleterre.

Enfin cette étude nous aura au moins permis de découvrir quelques-uns des membres du Cercle dont nous ignorions l'existence et de mieux connaître les autres. Dans l'ensemble c'est le côté "aventurier" de leur caractère qui nous a paru le plua attachant. N'est-il pas surprenant de voir un fils de marchand comme Léopold Javal faire le contrebandier pour importer en France une technique anglaise d'impression sur étoffe; et le même individu, parti en Algérie pour coloniser la plaine de la Mitidja, s'engager dans l'armée française pour participer à la conquête. Et l'on trouve la même détermination chez Paulin Talabot qui, fasciné par la découverte de Stevenson, part en Angleterre pour s'informer sur les premiers chemins de fer et se lance immédiatement dans des réalisations similaires. Le même désir d'entreprendre apparait chez des saint-simoniens comme Enfantin et Charles Lambert qui , après la période fantaisiste de la "communauté modèle", s'expatrient en Egypte avec l'idée d'y réaliser de grands travaux comme le percement de l'isthme de Suez. Ce sont aussi des traits de caractère identiques que l'on trouve chez la plupart des banquiers adhérents au Cercle qui prennent souvent des risques importants en investissant des sommes énormes dans la réalisation de voies ferrées et d'usines. Et certains d'entre eux , en édifiant pour eux-mêmes des hôtels particuliers qui existent encore aujourd'hui, ont ainsi contribué à l'embellissement de Paris.