LE RETOUR SUR SES TERRES
Retour à Merlet
Dernière tentative sous la Seconde
Restauration
En 1815 il est revenu en Maine-et-Loire; ses lettres sont
datées de Doué, aujourd'hui Doué-la-fontaine.
Sans doute occupe-t-il déjà le petit château du
Pont de Varenne, sur la commune de Rocheménier où il
s'éteindra le 16 décembre 1830. Mais malgré ce
retour sur ses terres, il essaie encore d'obtenir un emploi dans
l'administration royale. Cette fois il ne s'adresse pas au Roi
lui-même mais au comte de Vaublanc. C'est manifestement un
combat d'arrière-garde qu'il livre. Vaublanc est un ancien
collègue puisqu'il a été préfet sous la
Première restauration. Mais celui-ci, compte tenu de ses
origines et de ses convictions royaliste avait donné sa
démission au retour de l'Empereur. Après avoir
félicité Vaublanc pour sa nomination de ministre, avec
un certain retard cependant, il renouvelle ses demandes
antérieures en insistant sur l'érosion de sa fortune
durant l'Empire et justifie sa retraite en Anjou par des motifs
économiques.
<< J'ai cru devoir laisser les premiers jours qui ont suivi
votre nomination avant de vous adresser mes sincères
félicitations, parce qu'assez d'importuns se sont
présentés et vous auront accablé de leurs
louanges intéressés. Ce que je vous disais aux
Tuileries, peu de temps avant ma sortie de Paris et la veille de
votre départ pour Marseille s'est vérifié : le
ministère de l'intérieur devait vous être
confié; je m'en suis réjoui et parce que des fonctions
aussi importantes ne pouvaient être remise en meilleures mains
et parce que j'ai espéré que vous n'oublieriez pas ceux
de vos anciens collègues dont la conduite et les principes
vous sont connus depuis longtemps.
Depuis plusieurs années, je n'avais pas à me louer
de l'empereur quoique j'ai servi son gouvernement avec zèle et
quelque succès tant qu'il m'avait paru faire la gloire de le
France et en présager le bonheur. Loin d'avoir augmenté
ma fortune dans les diverses fonctions importantes que j'ai remplies,
j'y ai dépensé la majeure partie de mon patrimoine.
L'année dernière le Roi a eu la bonté de me
promettre qu'il me placerait convenablement; mais les
événements funestes qui sont survenus y ont, sans
doute, mis obstacle. Aujourd'hui j'ai recours à Votre
Excellence et je la prie de me retirer de la nullité où
je languis depuis trop longtemps. Des motifs d'intérêt
très impérieux m'ont conduit et me retiennent encore
sur mes propriétés; mais si Votre Excellence
était dans la disposition de m'employer convenablement et
d'une manière analogue à mes anciens services, je me
rendrais de suite à ses ordres. >>
Le renoncement.
Après cette dernière intervention, Merlet renonce
définitivement aux affaires publiques. Il vivra à la
campagne dans la plus profonde retraite. Peu de temps avant sa mort,
la révolution de juillet permettra à son fils
aîné Jean-Jacques de devenir sous-préfet de
Beaupréau. C'est alors un homme de 38 ans lorsqu'il est
nommé à ce poste le 29 août 1830,
c'est-à-dire un mois seulement après les
journées de juillet. On voit qu'il a pris rapidement parti
pour le nouveau régime. Licencié en droit, il a
été employé durant trois ans au ministère
de l'intérieur sous la Restauration. Il est
considéré par ses supérieurs comme appartenant
à une famille nombreuse, riche et influente, l'une des plus
honorables de l'Anjou, écrit son préfet, mais c'est un
homme qui ne voudrait pas être éloigné des
environs de Saumur et qui n'a aucune ambition. En 1839, sa
hiérarchie estime qu'il est capable et a de l'instruction mais
que son activité a besoin d'être de temps en temps
excitée. Il est parvenu, dit-on, à inspirer la plus
grande confiance à ses vendéens et a beaucoup obtenu
d'eux par ce moyen, mais son administration laisse un peu à
désirer. Sa fortune est alors de 4.000 Frs de rente provenant
de la succession de son père.
(1) Ce détail semble infirmer
la rumeur, répandue par le préfet Merlet
lui-même, de sa ruine après sa sortie de
l'administration.
Ses descendants.
Outre Jean-Jacques, son fils aîné, qui mourra
à 59 ans, à Paris le 4 décembre 1851, le
préfet Merlet a eu trois autres enfants :
- Marie-Eugénie, née en 1786, mariée
à Alexandre-Antoine-Gérard Genest, directeur de
l'enregistrement, chevalier d'Empire. Elle mourra le 14 juillet 1876.
Son fils Alexandre, né en 1812, ancien élève de
l'Ecole polytechnique, fera une carrière militaire en
Algérie, puis comme spécialiste des fortifications
deviendra général de brigade et commandeur de la
Légion d'honneur. (2)
- Caroline, née en 1787, mariée à
Gustave-Léopold de Stabenrath, chef d'escadron. Elle est
décédée en 1880.
- Camille, son second fils, né à Soulanger le 27
novembre 1797, chef d'escadron (L.H.), marié à Melle
Ruffin, dont il eut un fils et deux filles. A noter que le fils,
né à Juigné (Maine-et-Loire) le 1er janviet
1836, recevra le titre de baron en 1868.
(3)
Retour à Merlet
Notes :
1 - Arch.nat. F/1bI/167/20 - Note de Prosper Gouja, préfet
de Maine-et-Loire du 24 juillet 1839.
2 - Roman d'Amat - Dictionnaire de biographie française -
Tome XV, p.1011.
3 - Vicomte A. Révérend. Titres et confirmations de
titre (Monarchie de juillet, Second Empire, Troisième
République) 1830-1908 - Paris, Honoré Champion
libraire, 5 quai Malaquais, 1909, page 472. Titre de baron
héréditaire conféré à Jean
François Honoré Merlet (par lettres patentes du 9
septembre 1810) confirmé en faveur du petit-fils Louis Urbain
Camille Merlet, sous-lieutenant par décret impérial du
25 octobre 1867 et par lettres patentes du 22 février 1868
portant règlement d'armoiries <<d'azur au chevron d'or,
accompagné en chef de trois merlettes d'argent, 1 et 2 et, en
pointe, d'une hure de sanglier du même; au franc-quartier des
barons tirés du Conseil d'Etat, déchiqueté de
gueules et d'argent;>>