Tentatives pour servir le Roi

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Lorsque Napoléon abdique le 4 avril 1814, il y a deux ans que Merlet est sans emploi. Il est domicilié à Paris, 4 rue du Coq-Héron. Nous n'avons pas trouvé trace des contacts qu'il a pu prendre alors avec les nouveaux chefs de l'administration. Mais il est certain qu'il a cherché à savoir quelles étaient ses chances de réintégration dans l'administration et comment il devait s'y prendre pour y parvenir. Tout le monde a perdu le sens moral durant cette période. Mais Merlet n'a ni le cynisme ni l'habileté d'un Fouché ou d'un Talleyrand. Il n'en a pas non plus la destinée.

La note à l'abbé de Montesquiou

Le 24 mai 1814, il remet à l'abbé de Montesquiou, qui est alors ministre secrétaire d'Etat de l'intérieur, une note, rédigée à la troisième personne, dans laquelle il expose quelles ont été ses activités sous la Révolution et l'Empire. (1)

S'il est peu bavard sur son attitude dans le Maine-et-Loire, indiquant simplement qu'à l'âge de 25 ans il fut nommé procureur-syndic du district de Saumur à l'époque de la révolution; en revanche il se désigne comme le défenseur de la monarchie à l'assemblée législative, en rédigeant sa lettre à la troisième personne : << En 1791, il fut député d'Anjou à l'Assemblée législative; il ne tarda pas à être nommé membre de plusieurs comités et Président du Comité central; il fut élu Président de celle assemblée quelques jours avant le 10 août 1792. Il avait été choisi par une majorité qui voulait maintenir la Monarchie, mais qui ne put résister aux factieux qui la renversèrent. Dans la journée du 10 août, M. Merlet préside l'assemblée jusqu'au moment où les factieux et les révoltés demandèrent la déchéance du Roi. N'ayant pas voulu la prononcer, M. Merlet fut exclu, persécuté et proscrit pendant tout le régime de la République. Il n'a dû son salut qu'au lieu de retraite qu'il avait choisi : la Vendée militaire ou la rive gauche de la Loire.>>

Comme il ne peut occulter sa participation au gouvernement du Consulat ainsi qu'à celui de l'Empire, il se dépeint comme un homme de paix durant son séjour en Vendée. Pas de trace dans cette note du Premier consul, ni de l'Empereur, ni même de Napoléon. Seul Buonaparte, sous entendu, l'étranger, l'usurpateur y figure. Mais curieusement il ne manque pas de signaler sa promotion dans l'ordre de la Légion d'honneur ainsi que sa nomination comme Maître des requêtes auprès du Conseil d'Etat, faits montrant à l'évidence qu'il a quand même servi loyalement l'Empereur. Il poursuit ainsi :

<< Pendant toute la guerre civile et jusqu'à l'époque du 18 brumaire il n'a pas quitté cette contrée. Alors Buonaparte le fit venir à Paris, le consulta sur le moyen de pacifier les provinces de l'Ouest et peu après il le nomma Préfet de la Vendée. M. Merlet a administré la Vendée pendant plus de huit ans à la satisfaction du gouvernement et surtout à celle des habitants du Pays, dont il a partagé les malheurs. On peut consulter à ce sujet les prêtres, les nobles et tous les Vendéens; il a passé parmi eux, entouré de privations de toute espèce, les plus belles années de sa vie et il y a dépensé la moitié de sa fortune. Pendant ce temps il a été nommé commandant de la Légion d'honneur et a reçu le premier le titre de Maître des requêtes.>>

Sont abordés ensuite les motifs de son départ de la Vendée. Il affirme qu'il était contre la conscription car celle-ci prenait des proportions de plus en plus grandes. << A l'époque fatale de la guerre d'Espagne, écrit-il, la Vendée ayant été injustement comprise dans une levée de conscrits exorbitante, contre la foi des promesses qui lui avaient été faites, M. Merlet demanda à en sortir. >> C'est évidemment un motif qu'il n'a jamais exprimé sous l'Empire, son désir de quitter la Vendée à l'époque étant essentiellement motivé par les très mauvaises conditions matérielles de vie à La Roche-sur-Yon. Mais, on peut se demander s'il n'est pas sincère en avançant cet argument. Cela expliquerait pourquoi il a refusé le poste de préfet de Maine-et-Loire, refus dont il ne parle pas ici. Sa famille réside dans le Saumurois et une partie d'entre elle était certainement hostile à la conscription. Comme préfet il risquait donc des complications familiales. Les mêmes motifs paraissent crédibles quand il refuse la préfecture de la Roër. Et l'on reste dans la même logique quand il accepte de présider la Commission du Magistrat du Rhin, poste plus technique où il n'est pas question de conscription. A ce sujet, il se garde bien de parler de sa démission de ce poste; il maintient donc à ce sujet son point de vue d'origine, à savoir : ce poste n'avait plus d'objet.

Il ne manque pas de préciser qu'il est sans emploi depuis 1812, car c'est un élément plutôt favorable pour obtenir un emploi dans l'administration royale. En revanche, avec beaucoup de naïveté, il fait état de son titre de baron d'Empire qui est une récompense pour les services qu'il a rendu à Napoléon. Mais il veut ainsi montrer qu'il est capable de servir le Roi dans les mêmes conditions.

<< Revenu à Paris au mois d'avril 1812, on lui proposa de la part de Buonaparte l'intendance générale d'un des Royaume d'Espagne; il la refusa; depuis il n'a plus été employé, quoique toujours maintenu sur le tableau du Conseil d'Etat.

Le Baron Merlet demande aujourd'hui à servir le Roi dans la carrière administrative où depuis 25 ans il a été employé et dans laquelle il a obtenu quelques succès. Son attachement constant à la Monarchie, ses principes et ses services sont connus de plusieurs Ministres d'Etat et M. le Comte Beugnot, son ancien collègue, M. de Jamoure peut aussi être consulté comme ayant connu M. Merlet depuis le commencement de la révolution. Il s'adresse avec confiance au Ministre Secrétaire d'Etat de l'intérieur, quoiqu'il n'ait pas l'honneur d'en être personnellement connu, mais il se repose sur sa bienveillance et sur sa justice.>>

Première lettre au Roi

Un mois plus tard il écrit au Roi en reprenant sensiblement le contenu de la note qu'il a remise à l'abbé de Montesquiou. (2) Toutefois il ajoute que comme préfet de la Vendée, il a su se faire aimer de la population et qu'aujourd'hui on l'estime encore et que même certains souhaitent le voir reprendre son poste. <<J'ose dire que mon administration a constamment été sage et agréable à tous les habitants, écrit-il : ils viennent d'en rendre un témoignage bien honorable pour moi et bien authentique, puisque depuis un mois, malgré leur division d'opinion, ils ont demandé au Commissaire de Votre Majesté que je leur fusse renvoyé; ce que M. Gilbert de Voisin a été invité à consigner dans son rapport.>>

Mais avant de solliciter un poste dans l'administration royale, il attire l'attention du souverain sur les pertes qu'il a subies durant la révolution ainsi que sur ses charges familiales. Il veut l'apitoyer en quelque sorte. << La guerre de la Vendée a consumé mes maisons et détruit une partie de ma fortune, ajoute-t-il. Loin de m'enrichir dans les places que j'ai occupées, j'y ai dépensé la moitié de mon bien. J'ai quatre enfants, dont l'un entre au service de Votre Majesté et un autre est employé au Ministère de l'intérieur; encore dans la vigueur de l'âge et tenant surtout à l'honneur de servir mon Roi, après avoir défendu le trône de son auguste prédécesseur, jusqu'au moment même de sa chute, je supplie Votre Majesté de vouloir bien agréer mes services. Elle peut consulter sur mes moyens, mes principes et ma conduite tous les hommes qui m'ayant connu depuis vingt-cinq ans dans les affaires publiques, peuvent mériter sa confiance; j'ose dire que je puis être convenablement employé, soit dans les Conseils, soit dans une administration publique.>> Cette fois, c'est clair; sa requête est parfaitement exprimée.

Seconde intervention auprès du Roi.

Sa première lettre n'ayant eu aucun effet, moins d'un mois plus tard il réitère sa demande. (3) Il reprend évidemment les mêmes arguments mais il débute sa lettre en suppliant le monarque et en laissant entendre que ce sont ses conseillers qui ignorent sa requête. << Après vingt-cinq ans de service dans des places importantes et dans des circonstances assez difficiles, expose-t-il, j'espérais n'être pas oublié dans l'organisation du nouveau Conseil d'Etat, qui vient d'avoir lieu; mais n'étant pas personnellement connu de M. le Chancelier de France, je me vois écarté d'une carrière où ma longue expérience dans l'administration pouvait me procurer les moyens d'être utile à Votre Majesté.

Je viens vous supplier, Sire, ajoute-t-il, de ne pas laisser plus longtemps dans la nullité un des français les plus dévoués à la famille de ses Rois et dont toute la vie entière a été consacrée au service de sa patrie. Que Votre Majesté daigne se faire rendre compte de ma conduite par ses meilleurs serviteurs, qui m'ont connu et j'espère qu'elle ne me jugera pas indigne de sa confiance ni de ses bontés.>>

Et pour appuyer la nomination qu'il sollicite pour une préfecture dans un département de l'ouest, il s'efforce de démontrer que, même sous l'Empire, il a toujours été un bon royaliste. <<La guerre de la Vendée m'a enlevé une partie de ma fortune, expose-t-il, et loin de m'enrichir dans les places que j'ai occupées, j'y ai dépensé la moitié de mon bien. J'ai quatre enfants, dont l'un vient d'entrer au service de Votre Majesté. Etant encore dans la vigueur de l'âge et tenant surtout à l'honneur de servir mon Roi, après avoir défendu le trône de son Auguste frère, jusqu'au dernier moment; je supplie Votre Majesté d'agréer mes services. On m'a dit que la préfecture de La Rochelle était vacante; je pourrais l'administrer convenablement, ou toute autre dans l'ouest; ce que j'ai fait dans le département de France le plus difficile, ce qu'on m'avait jugé capable de faire en me nommant à Aix-la-Chapelle, le département le plus important d'alors, est une présomption et une garantie de ce que je pourrais faire partout ailleurs; aujourd'hui surtout que le gouvernement paternel de notre Roi légitime va rendre l'administration si douce et si facile. Je puis invoquer avec confiance, sur mes principes et ma conduite dans tous les temps, le témoignage des meilleurs, des plus fidèles serviteurs de Votre Majesté : les prêtres, les nobles, les insurgés, tous les habitants de la Vendée m'ont vu longtemps au milieu d'eux, uniquement occupé à réparer leurs malheurs. Le Baron de la Rochefoucault, le Marquis de la Rochejaquelin, le Comte de la Ferronnaye, qui ont eu l'honneur d'approcher Votre Majesté, peuvent attester de ce que j'ai fait pour la bonne cause et mon dévouement à mon Prince légitime, même en servant pour Buonaparte.

L'honneur m'est plus cher que la vie et j'ose le dire, Sire, à Votre Majesté, ma Province, tout l'ouest me connaît pour Royaliste. Si je restais sans emploi sous votre règne, on croirait que c'est parce que je n'en ai pas été jugé digne et alors l'existence me deviendrait insupportable; mais la bonté et la justice de Votre Majesté me rassurent : elles me font espérer qu'elle accueillera favorablement ma demande.>>

Après l'audience royale.

Ayant eu le bonheur d'être admis à une audience particulière du Roi, il tient à confirmer ce qu'il a exposé verbalement. (4) On a dû lui répondre qu'il n'y avait pas de préfecture vacante pour lui dans l'ouest. Qu'à cela ne tienne, le préfet du Bas-Rhin vient de mourir, ce poste lui conviendrait très bien et il est apte à le tenir puisqu'il a bien connu ce département quand il était président de la Commission du Magistrat du Rhin. Manifestement il ne tient pas à se souvenir qu'il s'y est mal adapté. Et, tout en présentant sa demande, il ne manque pas de faire état de la tyrannie et des mesures arbitraires de conscription et de réquisition de "Buonaparte". <<L'affreux système d'une conscription militaire, toujours croissante, m'a fait quitter la carrière des préfectures; le refus de l'intendance générale d'un des royaumes d'Espagne m'a occasionné la disgrâce de Buonaparte dans les derniers temps de sa tyrannie. J'ai eu l'honneur de manifester à Votre Majesté le désir de la servir en lui exprimant tout mon chagrin d'avoir été oublié dans les premières promotions, lorsque je croyais avoir quelques droits au souvenir de ses Ministres. Votre Majesté a eu la bonté de me promettre qu'elle réparerait cet oubli et qu'elle me donnerait un témoignage de sa bienveillance, lorsqu'il se présenterait une occasion. J'ose donc lui rappeler cette promesse aujourd'hui. La préfecture du Bas-Rhin est vacante par la mort de M. de Lezay-Marnéjia. Lorsque je résidais à Strasbourg, en qualité de Président de la Commission du Rhin, ce département faisait partie de mon administration; j'en connais tout le territoire et les habitants; je puis dire que j'y ai acquis l'estime des gens de bien et qu'avant l'arrivée de M. de Lezay, ils avaient manifesté le voeu de me voir nommé leur Préfet, ce qui ne put ébranler ma résolution de ne jamais rentrer dans cette carrière tant qu'elle ne présenterait que des fonctions qui répugneraient à ma conscience et à mes principes. Aujourd'hui que l'heureux retour de Votre Majesté n'offre aux Administrateurs que des maux à réparer et du bien à faire, aujourd'hui qu'il n'y a plus ni conscription, ni réquisition, ni mesures arbitraires, je désire vivement reprendre des fonctions où pendant bien des années j'ai fait preuve de quelque talent et obtenu des succès.

Je prie Votre Majesté de me confier un département que je connais, où pendant assez longtemps j'ai été chef d'une administration de travaux publics très importants : ce que j'ai fait dans la Vendée, ce qu'on m'avait jugé capable de faire dans le département de la Roër, où j'avais été nommé préfet est le garant de ce que je puis rendre à Votre Majesté dans le Bas-Rhin. Je supplie surtout Votre Majesté de considérer combien il est douloureux pour un bon français de ne pas servir son Roi lorsque depuis le premier jour de la révolution, il a été signalé comme un zélé partisan de la Monarchie.>> Il n'y eut pas de suite favorable à toutes ces requêtes. Et ces refus vont lui laisser une amertume considérable

Les Cent-Jours

Lorsque Napoléon revient de l'Ile d'Elbe et que, le 20 mars 1815, Louis XVIII doit quitter Paris vers l'exil, que va faire Merlet ? A-t-il signé comme maître des requêtes l'adresse délibérée au Conseil d'état le 25 mars 1815, (5) adresse qui, tout en justifiant le mouvement qui venait de replacer Napoléon sur le trône, formulait nettement les garanties que réclamait le France ? Eh bien, nous connaissons son point de vue par une lettre qu'il adresse de Paris à son épouse le 29 mars 1815. Il commence par la rassurer en lui donnant des nouvelles de son second fils. La semaine qui vient de s'écouler, la Semaine sainte, qu'Aragon a décrite de manière romancée, a été fertile en événements. La France a été partagée en deux durant ces quelques jours ce qui a entraîné dans certaines parties du pays une belle pagaille et, dans la famille Merlet, on est inquiet, bien sûr, pour le fils Camille parti à l'armée. En père attentionné il s'efforce de fournir des nouvelles rassurantes pour son épouse tout en regrettant la dépense qu'a entraîné le voyage de ce fils. <<J'attendais pour t'écrire, ma chère Amie, que j'eusse reçu des nouvelles du bon Camille (6) dont le voyage me causa une mortelle inquiétude; enfin j'ai reçu avant-hier de lui une lettre datée de Metz; après beaucoup d'embarras et de difficultés, il est parvenu jusqu'à cette ville sans avoir éprouvé d'accident et comme, lorsqu'il m'a écrit, toutes les garnisons étaient rentrées dans l'ordre je présume qu'il est dans ce moment rendu à la garnison de Strasbourg; jamais je ne fus plus inquiet et aujourd'hui je ne suis pas fâché de ce voyage qui aura servi à lui donner de l'assurance; je regrette seulement la dépense que m'a occasionné cette course inutile. >> Il n'oublie pas de se plaindre comme c'est son habitude; cette fois c'est sa santé qui est en cause; peut-être a-t-il fait trop bonne chair dans le passé et a-t-il abusé du vin qu'on récolte dans son pays sur les coteaux du Layon. <<Des atteintes de ma maudite goutte revenus fort mal à propos m'ont empêché de faire les démarches nécessaires dans les circonstances. >> Mais il a surmonté sa maladie car ce qu'il y a de plus important c'est sa situation et il faut profiter des circonstances pour l'améliorer. << Néanmoins, j'en ai commencé quelques unes (de démarches) et je me suis traîné deux fois au Conseil d'état où je suis rentré. Quoique sans avantage, attendu que les choses restent provisoirement sur le même pied. Il y a eu des éliminations de plusieurs d'entre nous qui avaient accepté des places actives pour le gouvernement royal. >> On retrouve ici sa naïveté. Il espérait sans doute devenir conseiller d'Etat mais il a retrouvé quand même son titre de Maître des requêtes et se trouve ainsi mieux loti que ceux qui ont joué la carte royale quelques mois plus tôt. Et il donne libre cours à sa joie sans manquer d'égratigner la noblesse pour compenser l'amertume qu'il a ressentie à la suite de son échec auprès du roi. << Si j'eusse été nommé à quelque fonction par le Roi, écrit-il, certainement je serais écarté pour toujours; dans mon malheur, l'oubli qu'on a fait de moi me fait donc espérer quelques espérances. Ah mon Dieu, combien de familles sont aujourd'hui dans l'embarras; au surplus l'arrogance de la noblesse et ses ridicules prétentions ont amené la culbute et c'est pour toujours. Il était improbable que les choses restent ce qu'elles étaient. je le prévoyais sans croire toutefois que la nouvelle révolution fut si prochaine. >> Dans son enthousiasme, il est persuadé que le retour de Napoléon est définitif et que l'Empereur va lui permettre de reprendre une place intéressante dans la vie publique. << Ton frère est enchanté de ce qui vient d'arriver, ajoute-t-il, parce qu'il espère être bientôt convenablement reclassé déjà; j'ai parlé de lui au nouveau Directeur général que je connais beaucoup et j'ai l'espérance d'une favorable rentrée; tu dois croire que je vais m'occuper sérieusement de la carrière de mon fils. J'ai en outre une chance de plus : dans le courant de Mai, tous les membres des collèges électoraux doivent se réunir à Paris pour une nouvelle constitution. Je suis membre de celui de Maine-et-Loire et il faudrait que je fusse bien malheureux si je ne trouvais le moyen de me tirer de misère en ce temps; quant aux préfectures, c'est un pis aller auquel je ne songe guère. >> Ainsi, la préfecture qu'il réclamait instamment au Roi quelques mois plus tôt n'est plus au premier rang de ses aspirations car, avec le retour de l'Empereur les conscriptions risquent de reprendre de plus belle et c'est pour lui évidemment un cauchemar. Le reste de sa correspondance ne concerne que des questions de fermage.

La période heureuse qu'il prédit ne va durer que peu de temps et la position qu'il a prise lui ferme à l'évidence définitivement la porte à un emploi dans l'administration royale après Waterloo. C'est peu de temps après cette défaite qu'il quitte Paris pour regagner son Anjou natal. Est-ce pour lui l'abandon de tout espoir d'intégrer l'administration royale ? A-t-il compris que c'est la retraite définitive qui l'attend ? Eh bien non ! Il va encore faire une tentative. Mais cette fois ce n'est plus auprès du monarque qu'il va intervenir.

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 Notes :

1 - Arch.nat. F/1bI/167/20 - Note particulière remise à Son Excellence, Mgr l'abbé de Montesquiou, ministre secrétaire d'Etat de l'intérieur par le Baron Merlet maître des requêtes.

2 - Arch.nat. F/1bI/167/20 - Lettre du 10 juihn 1814.

3 - Arch.nat. F/1bI/167/20 - Lettre du 11 juillet 1814.

4 - Arch.nat. F/1bI:167/20 - Lettre du 13 octobre 1814.

5 - C'est ce qui est affirmé dans la Biographie universelle ancienne et moderne de Michaud, tome XXVIII, page 45. Bib.nat. R-134.

6 - Camille est son second fils, né à Soulanger le 27 novembre 1797; il est donc âgé de 18 ans.